Vie privée, cyberharcèlement: comment protéger son enfant sur les réseaux sociaux

à 10:15
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Protéger la vie privée de son enfant en ligne est une mesure de précaution indispensable. Conseils et astuces pour éviter les mauvaises surprises sur Snapchat, Facebook, YouTube, Instagram ou Tik Tok.

Même s'il en a parfois l'air, Internet n'est pas sans foi ni loi. Votre enfant a des droits numériques et il faut les y faire respecter. Dans cette démarche, le principal allié reste votre enfant lui-même. En lui expliquant bien pourquoi certaines activités doivent rester privées, pourquoi certains écrits et commentaires engagent sa responsabilité pénale, une bonne partie du travail de prévention est faite. Le mieux est d'instaurer un climat de confiance en montrant que vous vous intéressez à ses activités en ligne non pas pour l'espionner, mais pour le protéger ou l'aider. Si votre enfant rencontre un jour des problèmes sur son blog ou ses comptes sur les réseaux sociaux (comme du cyberharcèlement, du chantage, des invitations douteuses de la part d'adultes), il saura venir vous en parler à temps. Quelques astuces pour la route, sur les principaux réseaux sociaux.

● Sur Snapchat:

Snapchat est une application volontairement conçue pour que les parents n'y comprennent rien, mais en balayant de gauche à droite ou de bas en haut, on finit toujours par trouver.

Lors de la création du compte de votre enfant, refusez «l'ajout par numéro de téléphone». Cela permet d'éviter que n'importe qui disposant de son numéro puisse retrouver son compte personnel, et donc d'éviter qu'il puisse faire l'objet de prédation de la part d'adultes mal intentionnés.

Une fois le compte créé, balayez vers l'écran de gauche afin d'accéder à la fiche d'identité du compte. Depuis cet écran noir, cliquez sur l'icône représentant le compte de votre enfant puis, sur la petite roue des paramètres (généralement située en haut de l'écran). Activez l'authentification à deux facteurs pour sécuriser le compte (cela permet de recevoir un texto dès que les identifiants sont utilisés sur un nouvel appareil, et d'éviter les usurpations d'identité).

Dans la partie «options supplémentaires», entrez dans le menu «gérer» et activez le mode économiseur de données -qui permet d'éviter une facture trop importante. Désactivez l'ensemble des paramètres dans la gestion des annonces: votre enfant est mineur et légalement, il ne doit pas faire l'objet d'un profilage publicitaire. Au-delà du caractère illégal, vous n'avez pas envie que votre enfant soit fiché pour être par exemple ciblé en fonction de ses vulnérabilités: si votre fille est obsédée par la minceur, elle sera ainsi ciblée en permanence par des publicités pour des produits de régimes plus ou moins douteux.

● Sur Facebook:

Facebook est interdit aux enfants de moins de 13 ans et ne met pas en place de dispositions de protection particulière pour les parents soucieux de veiller à la protection de mineurs âgés d'entre 13 et 18 ans. Si vous créez un compte Facebook à votre enfant, refusez l'accès aux contacts. Votre enfant pourra très bien retrouver ses amis sans donner l'intégralité de son carnet d'adresses à Facebook. Faites attention aux dark patterns: Facebook essaie à tout prix d'obtenir le plus d'informations possible à la création d'un compte, mais il est possible d'ignorer certaines étapes. Sachez toutefois que Facebook est peu enclin à laisser ses utilisateurs reprendre le contrôle de leurs données, car son modèle économique en dépend. La vigilance reste donc de mise.

Que votre enfant soit déjà inscrit ou qu'il ait un nouveau compte, passez du temps à fouiller les différentes rubriques et notamment celle portant sur la confidentialité. Mieux vaut permettre l'accès à votre adresse mail ou à votre numéro de téléphone aux seuls amis de votre enfant, pour éviter qu'il puisse faire l'objet de prédation de la part d'adultes mal intentionnés. Activez aussi l'examen des publications avant qu'il ne soit tagué - un moyen bien pratique d'éviter les campagnes de cyberharcèlement.

Régulièrement, vérifiez les préférences publicitaires sur la page directement consacrée, ici. Si vous le souhaitez, vous pouvez supprimer un à un les centres d'intérêt publicitaires qui ont été attribués à votre enfant. La partie la plus importante se situe au niveau de la rubrique «vos informations»: désactivez tous les boutons permettant à des annonceurs de cibler votre enfant en fonction de sa situation amoureuse ou de sa scolarité. Dans la partie «masquer les thèmes publicitaires», activez le bouton «définitivement» sur la partie «alcool».

● Sur Instagram:

Accompagnez votre enfant lors de la création du compte et mentionnez bien qu'il est âgé de moins de 18 ans, cela ne l'empêchera pas d'accéder à l'application mais limitera simplement son exposition à certaines publicités ou contenus sensibles. Instagram va vous demander à plusieurs reprises de partager des contacts, lier des comptes: vous pouvez refuser, car cela sert surtout à Facebook (la maison mère d'Instagram) pour utiliser vos données à des fins publicitaires. Ainsi, n'hésitez pas à cliquer sur «ignorer» ou «annuler» lors de la création d'un compte.

Ensuite, rendez-vous sur la page du profil de votre enfant en cliquant sur l'icône qui ressemble à un petit bonhomme (voir ci-dessous). Une fois sur la page du profil, appuyez sur l'icône en haut à droite (où se trouve normalement une petite notification rouge). Celle-ci ouvre une fenêtre latérale, en bas de laquelle se trouve le symbole des paramètres (oui, il est très bien caché).

Descendez jusqu'à «confidentialité et sécurité» et entrez dans le menu «confidentialité du compte» pour le passer en privé, comme illustré sur l'image ci-dessous. Votre enfant pourra tout de même ajouter des amis, mais ses propres images ne seront pas visibles par n'importe qui sur Internet. Sachez qu'outre la menace pédophile bien réelle, l'usurpation d'identité ou encore le cyberharcèlement sont aussi des phénomènes qui profitent de paramètres de confidentialité mal réglés.