Vidéos. Panier Ramadan: le caritatif à l’heure du 2.0

360

A l’occasion de Ramadan, plusieurs associations caritatives mais aussi des groupes de jeunes sont passés en mode bénévolat afin de collecter des dons pour les démunis. Leur nouveau terrain de chasse: Facebook et Twitter.

 

#PanierRamadan : un seul hashtag mais plusieurs campagnes
Depuis quelques semaines, plusieurs associations ont investi Facebook et Twitter pour lancer les campagnes « Panier Ramadan » afin de solliciter l’aide des âmes charitables. C’est le cas de l’Association Initiative d’un bienfaiteur Rbati et l’Association Basmat Al Amal qui ont réussi à rallier plusieurs jeunes à leur cause.

 

Sur la page Facebook de l’association Basmat Al Amal, on peut lire: « A 300DH seulement, vous prenez en charge une famille pour le mois de Ramadan ». Basmat Al Amal, une association à but non lucratif, s’est mise au défi de récolter l’argent pour financer 300 paniers. Un objectif atteint actuellement à 60%.

Ainsi, des familles démunies qui résident loin de la capitale économique vont recevoir des paniers contenant des produits de première nécessité: dattes, lait, œufs, huile, farine, sucre…

«Lors des quatre dernières éditions, 665 familles ont bénéficié de ce projet soit plus de 2.000 personnes défavorisées», nous confie Fatima Zahra, présidente de l’association Basmat Al Amal. Selon elle, c’est grâce à Facebook et à d’autres outils de communication numérique qu’il est possible d’impliquer les Marocains et surtout les jeunes à ces causes.

L’association qui communique régulièrement sur Facebook a mis en place une stratégie de communication digitale et avec l’aide d’un Community Manager, a lancé plusieurs campagnes de communication sous forme d’évènements Facebook afin de séduire les jeunes désireux de redonner le sourire aux plus démunis.

 

Les entreprises marocaines sollicitées
Du côté de l’Association Initiative d’un bienfaiteur de Rabat qui est aussi une organisation à but non lucratif, la campagne « Panier Ramadan » a pris une finalité différente en s’adressant directement à des entreprises. Cette ouverture au monde professionnel cible les moyennes et grandes entreprises avec l’objectif de financer quelque 200 paniers.

Comment inciter les entreprises marocaines à financer un panier au prix conséquent de 400 dirhams? L’association a trouvé la solution en mettant les bouchées doubles sur les moyens de communication. Elle publie régulièrement sur les réseaux sociaux des spots et vidéos montrant ses membres à l’oeuvre pour stimuler l’engagement de sa communauté.

 

Certaines grandes surfaces jouent le leu
Il y a quelques semaines, Ghassan Benchiheb, jeune entrepreneur, a lui aussi décidé de mettre au défi les entreprises mais en s’adressant directement aux grandes surfaces comme Aswak Assalam, Marjane et Carrefour.

Baptisée Ramadan Challenge, la campagne qui a duré moins d’un mois a connu un franc succès grâce à l’aide de sa communauté qui a partagé et commenté ses différents statuts et visionné ses vidéos sur Facebook. Ghassan a finalement réussi à convaincre Aswak Assalm de financer 100 paniers qui ont été par la suite distribués dans le douar Dar Elgedari grâce à la collaboration avec l’association Kayna Tema.


Les réseaux sociaux sont-ils l’avenir du caritatif ?
« Les associations marocaines ne capitalisent pas sur la communication » nous révèle Fouad Najem, expert en communication digitale dans le domaine associatif. Selon lui, quand il s’agit de communiquer, les associations marocaines ne sont pas régulières, certaines d’entres elles sont même trop discrètes. Cette absence de communication doit être corrigée rapidement au profit des réseaux sociaux et plus précisément Facebook.

« Il a beaucoup de facteurs qui freinent les jeunes à faire du bénévolat » rajoute l’expert. Selon lui la bureaucratie, le manque de transparence et de gouvernance de certaines associations font qu’aujourd’hui beaucoup de jeunes comme Ghassan préfèrent utiliser les réseaux sociaux pour faire du bénévolat, voire même organiser leurs propres actions caritatives. Beaucoup de ces jeunes sont convaincus de l’influence des réseaux sociaux pour soutenir le changement social, ce qui explique leur préférence des associations 2.0 où ils n’hésitent pas à s’engager.