Quand Saïd Amzazi manifestait contre la hausse des frais de scolarité de la mission française

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Said Amzazi

À peine nommé ministre de l’Éducation, Saïd Amzazi a droit à une exhumation de son historique, notamment quand il militait, en sa qualité de parent d’élèves, contre la hausse des frais de scolarité des écoles françaises au Maroc.
En 2012 Saïd Amzazi, à l’époque doyen de la faculté des sciences de Rabat, manifestait lors d’un rassemblement devant le lycée Descartes de Rabat, dépendant de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Il avait alors déclaré à l’AFP: «De 2009 à 2012 il y a eu pratiquement 40 % d’augmentation. À partir de cette année, on est toujours dans cette spirale et cette logique d’augmentation des frais de scolarité. D’ici 6 ans on sera au-delà de 70 %».

Cette prise de position a été ainsi ressortie sur les réseaux sociaux et interprétée comme une tendance des responsables à inscrire leurs enfants dans des missions étrangères. Ceci sans parler du fait qu’elle contraste avec les mesures qu’il prendra une fois nommé président de l’université Mohammed V. Parmi ces mesures, celle consistant à imposer des frais d’inscription aux salariés candidats au master et au doctorat sous prétexte qu’ils disposent de revenus leur permettant de s’acquitter de ces droits, d’autant que cette initiative s’aligne parfaitement avec l’intention de l’actuel gouvernement de mettre fin à la gratuité de l’enseignement supérieur pour les familles aisées.
À cet effet, ce mercredi même, des candidats au master et au doctorat ont manifesté devant le siège du ministère pour dénoncer la hausse des frais d’inscriptions dans l’université Mohammed V.
« Il voulait simplement montrer son allégeance »
Contactée par H24info, Fatima Zainoun, une proche collaboratrice de Saïd Amzazi a déclaré que le ministre est confronté à diverses polémiques et problématiques alors qu’il vient à peine d’être nommé.
«C’est quelqu’un de très ambitieux et dynamique qui a la volonté d’apporter le meilleur au secteur de l’Éducation. Il a besoin de soutien et de collaborateurs professionnels. Il faut lui laisser du temps avant d’évaluer son travail», a-t-elle déclaré.
Concernant les critiques faites sur la protestation du nouveau ministre devant le roi, Fatima Zainoun a relevé qu’il faut être indulgent envers le ministre fraîchement nommé qui n’est pas du tout habitué au protocole royal: «Il voulait simplement montrer son allégeance au souverain et s’est peut être courbé plus que la normale aux yeux de certains».