Plus de la moitié des femmes à la tête de ménages déplorent un manque d’offre de produits

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Au Maroc, 54% des chefs de ménages femmes (CdM-F), appartenant à la catégorie des ménages « moyens et aisés », déclarent que l’indisponibilité de certains produits (farine, huile, sucre, légumes, légumineuses) est due à une faiblesse de l’offre contre seulement 25% pour les chefs de ménage hommes (CdM-H), selon le Haut-commissariat au plan (HCP).

« Ce résultat pourrait s’expliquer par le fait que les femmes connaissent le marché mieux que les hommes, car ce sont elles qui se chargent en général des courses pour le foyer », indique le HCP dans un rapport intitulé « Analyse genre de l’impact du coronavirus sur la situation économique, sociale et psychologique des ménages », publié en partenariat avec l’ONU Femmes.

S’agissant des produits d’hygiène, de soins et de prévention, le thermomètre est devenu un objet plus indispensable depuis le début de la propagation du virus et pendant le confinement (au cours duquel a eu lieu le 1er passage de l’enquête) pour la simple raison que la fièvre est l’un des principaux symptômes du Covid-19, précise le HCP. Ainsi, 20% des ménages de la catégorie « moyens et aisés » dirigés par un homme déclarent en disposer et 8,8% des ménages de la catégorie « pauvres », alors que pour les CdM-F, les fréquences sont respectivement de 18% et 4%.

L’analyse révèle dans ce sens que ces écarts vont de pair avec ceux observés au niveau des pertes d’emploi et de revenus, notamment le fait que les ménages dirigés par les femmes vivent dans une précarité plus forte que les ménages dirigés par les hommes.

En outre, l’écart est moins significatif pour les désinfectants, devenus également indispensables avec l’arrivée de la Covid-19. Ainsi 40% des CdM-H affirment en disposer en quantité suffisante contre 38% pour les CdM-F.

Par ailleurs, le rapport fait ressortir qu’avec le confinement, plusieurs ménages déclarent ne pas avoir ou avoir en quantité suffisante les médicaments qui leur sont nécessaires par manque d’argent (10% dans le cas des ménages dirigés par les femmes et 8,5% par les hommes).

Cette différence s’accentue encore en faisant une distinction selon le niveau de vie. Pour la classe sociale des « moyens et aisés », cette proportion est de 8% pour les CdM-H et de 12% pour les CdM-F ; dans cette catégorie, elles sont plus souvent les seules à être actives. Pour la catégorie des « pauvres », on observe respectivement des proportions de l’ordre de 8% et 9%.

Réalisé sur la base des résultats de son enquête sur l’impact de la pandémie Covid-19 sur la situation économique, sociale et psychologique des ménages, ce rapport s’inscrit dans le cadre du programme de partenariat entre le HCP et ONU- Femmes, intitulé « Les Femmes comptent » dont l’objectif est de promouvoir un environnement institutionnel favorable à la production, la dissémination et l’utilisation des statistiques sensibles au genre, renforcer la production de statistiques sensibles au genre et appuyer la diffusion et l’accessibilité des statistiques sensibles au genre auprès de l’ensemble des utilisateurs au Maroc.

À partir d’informations réunies grâce à deux enquêtes réalisées par le HCP auprès des ménages pendant et à la sortie du confinement, ce rapport analyse les conséquences de la crise sanitaire ainsi que des diverses dispositions prises pour en atténuer les effets. Il met en exergue la dimension genre dans l’acuité du vécu de la crise et les bénéfices tirés des politiques publiques palliatives implémentées.