Piqûres de scorpion, un fléau qui fait de nombreuses victimes au Maroc

La piqûre et l’envenimation scorpionique (PES) peuvent provoquer le décès d’un enfant s’il n’est pas pris en charge à temps. Toxicologie Maroc a consacré un numéro spécial pour dresser l’état des lieux de ce fléau qui est certes en diminution mais continue de toucher les personnes en milieu rural. Explications.
Selon les statistiques du Centre Anti Poison et de Pharmacovigilance du Maroc (CAPM), les PES représentent la première cause des intoxications déclarées. Les PES sont liées à plusieurs facteurs, notamment climatiques : certaines régions du Maroc ont un climat sec et aride, sa particularité écologique (massifs montagneux, plateaux, plaines et dunes littorales) sont à l’origine d’une biodiversité des plus riches et des plus diversifiées d’Afrique du nord et du pourtour méditerranéen.
Véritable problème de santé publique, les PES touchent surtout les personnes en habitat, rural et dispersé, qui entraîne un contact domestique et permanent avec les scorpions.
Qui sont les personnes les plus touchées par les piqûres de scorpion ?
En se basant sur une étude réalisée entre les années 90 et 2017, on constate que «parmi les piqués, les enfants âgés de 15 ans ou moins représentent 27,15% de la population piquée. Cette fréquence chez l’enfant a nettement diminué d’années en années. Le sex ratio, quant à lui, varie entre 0,9 et 1 selon les années. Les envenimés représentaient 8,76% des cas de PES passant de 33,42% en 1999 à 9,01% en 2017 (Tableau II). Les victimes n’ont pas nécessité de traitement dans 51,8% et seuls 5,54% des patients ont été hospitalisés et ont bénéficié d’un traitement symptomatique de la détresse cardiaque, respiratoire ou neurologique».
A quelle période de l’année constate-t-on une activité plus importante des PES ?
«Ces piqûres sont dues à un scorpion noir dans 68 % des cas, qu’elles sont d’origine rurale dans 70% des cas, et qu’elles surviennent à domicile dans 77 % des cas. La piqûre survient entre 18 h et 6h dans 70 % des cas et touche les parties distales dans 70% des cas. Par ailleurs, les piqûres s’observent particulièrement entre avril et octobre (75 %) avec un pic entre juillet et août (48%), en raison de l’intense activité du scorpion à cette période», rapporte la revue spécialisée. En été, les piqûres de scorpion sont plus importantes en milieu rural et à domicile.

Quelles sont les régions les plus à risques ?
La région la plus à risque est celle de Marrakech Safi avec 28,5% de cas recensés, suivie de la région Souss Massa (21%), Draa Tafilalt (15%), talonnée par Béni Méllal Khénifra (14%), Casa Settat (10%) et Fès Méknès (2%).

Comment prévenir une piqûre de scorpion, et quels sont les symptômes ?

  • Porter des chaussures fermées durant l’été. Vérifier si les chaussures, les vêtements et la literie ne sont pas infestés. Etre prudent avant de déplacer des pierres, du bois ou des meubles.
  • Pour éviter la prolifération des scorpions, enlever les plantes proches des habitations, il faut que les murs des maisons soient lissent et supérieurs à un mètre de hauteur afin que les scorpions ne puissent pas s’y accrocher. En milieu rural, élever des poules évite l’apparition des scorpions.
  • Si une personne a été piquée, il faut la faire quitter les lieux immédiatement. Afin de lui fournir le traitement le plus adapté possible, observer la taille et la couleur du scorpion, préciser l’heure de piqure et emmener la personne piquée dans le centre hospitalier le plus proche.

Liste des symptômes: 

Il est à noter que plus tôt la personne piquée est prise en charge, plus tôt elle pourra guérir.