Marrakech: une Française accusée de complicité d’adultère passe 30 heures en garde à vue

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Image d'illustration. DR

30 heures de garde à vue, 5.000 dirhams de caution… Une touriste française âgée de 41 ans s’est retrouvée dans une situation inconfortable après avoir passé la nuit dans un hôtel de Marrakech avec un Marocain en procédure de divorce. Elle a raconté son calvaire à Le Parisien.
Cette touriste gardera sans doute un souvenir amer de ses vacances à Marrakech. Après avoir passé la nuit avec un homme qu’elle ne savait pas marié, Valérie (nom modifié) a eu la surprise de trouver la police à la sortie de sa chambre. Accusée de complicité d’adultère, cette cadre d’une grande entreprise française s’est retrouvée pendant plus de 30 heures en garde à vue avant d’être libérée sous caution ce dimanche 15 juillet 2018.
L’homme marié en question a de son côté été placé en détention provisoire. De retour en France depuis le lundi 16 juillet, Valérie devait comparaître devant le tribunal correctionnel de Marrakech. Une convocation qu’elle a choisi de ne pas honorer.
Une garde à vue insoutenable
«Il est hors de question que j’y retourne, explique cette cadre d’une grande entreprise. Mes droits ont été bafoués, j’ai été abandonnée pendant deux jours dans des conditions déplorables, dans un couloir étroit au milieu des cafards, de femmes enceintes battues… Avec un procureur odieux qui m’a hurlé dessus», a confié la touriste au Parisien avant de poursuivre: «Il m’a dit qu’il était divorcé, assure-t-elle. En fait, j’ai appris ensuite qu’il n’était qu’en procédure et que le divorce devait être prononcé en septembre» a-t-elle ajouté à la même source.
Seule sans l’aide du consulat français
« Personne ne m’a aidée ! J’ai demandé un traducteur, je n’ai rien eu. J’ai demandé un avocat. La personne de permanence m’a seulement dit d’aller chercher sur Internet la liste des avocats francophones au Maroc… Mais je n’avais plus de téléphone en garde à vue ! », s’est insurgée la touriste.
Contacté par Le Parisien, le ministère des Affaires étrangères a indiqué qu’une fois que le consulat était prévenu de la détention de leur compatriote il lui avait téléphoné afin de lui « transmettre ses conseils dans le cadre de la protection consulaire. » En revanche, personne n’a pu rendre visite à la touriste pendant sa garde à vue: « la législation locale n’autorise pas le personnel consulaire à rencontrer une personne en garde à vue. »
Comme Valérie ne se rendra pas au tribunal, sa caution ne lui sera pas remboursée et elle sera jugée en son absence, a indiqué une avocate contactée par le journal français. « Elle peut être condamnée à du sursis ou à une amende, cela dépend du dossier et des circonstances. Avec une bonne plaidoirie, j’ai encore obtenu aujourd’hui une relaxe dans une affaire d’adultère en flagrant délit » a indiqué Khadija Arrach, avocate du barreau de Rabat pour expliquer ce que risquait la touriste.
« Il faut que les gens sachent que les vacances à Marrakech, ce n’est pas toujours tout beau, tout rose, souffle-t-elle. Et que lorsque il y a un problème, personne n’est là pour vous soutenir. »