Les espaces publics sont le théâtre de plus de 44% des violences physiques subies par les hommes

Plus de 44% des violences physiques subies par les hommes sont perpétrées dans les espaces publics durant les 12 mois précédent une enquête réalisée en 2019 par le Haut-Commissariat au Plan (HCP).

« Près de 10% des hommes ont subi une ou plusieurs formes de violence dans les espaces publics durant les 12 mois précédant l’enquête: 7% sous forme psychologique, 5% sous forme physique et 1% sous forme sexuelle », précise le HCP dans une note sur la « prévalence de la violence subie par les hommes dans les différents espaces de vie ».

Les espaces publics en milieu urbain (13%) sont beaucoup plus affectés par ce phénomène que ceux du milieu rural (5%), relève la même source, ajoutant que les jeunes hommes âgés de 15 à 34 ans (13%) sont les plus vulnérables à la violence dans les lieux publics comparés aux hommes âgés de 35 à 59 ans (9%) et ceux de 60 ans et plus (5%).

Selon le niveau scolaire, ce sont surtout les plus scolarisés qui y sont les plus victimes, à savoir le niveau secondaire collégial (13%), le secondaire qualifiant (11%) et le niveau supérieur (12%), fait savoir le HCP, notant que ce taux est de 6% parmi les hommes n’ayant aucun niveau scolaire.

Par ailleurs, les adolescents demeurent la catégorie la plus touchée par la violence familiale perpétrée principalement par les pères et les frères.

Dans le contexte familial , 12% des hommes ont déclaré être victimes d’au moins un acte de violence perpétré par un membre de leur famille, excepté la conjointe, ou de leur belle famille, 9% des hommes ont dû subir une violence psychologique dont 6% sous forme de comportements dominateurs et 6% sous forme de violence psychologique émotionnelle.

 

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Pour ce qui est des autres formes, 3% ont subi la violence physique et moins de 1% la violence sexuelle ou économique.

À l’instar du contexte conjugal, les citadins (13%) sont plus exposés à la violence familiale que les ruraux (10%). Les jeunes âgés de 15 à 24 ans sont aussi les plus touchés par la violence familiale (21%), comparés aux autres tranches d’âge (8% parmi ceux de 35 à 59 ans et 7% parmi ceux de 60 à 74 ans).

En outre, le HCP indique que les hommes ayant un niveau scolaire secondaire qualifiant ou collégial sont plus victimes de violence familiale avec des taux respectifs de 17% et 14% comparés à leurs homologues sans niveau scolaire (8%).

Les auteurs les plus fréquents de la violence familiale sont le père pour 52% des hommes victimes et le frère pour 30%. La mère et la sœur sont respectivement incriminées par 29% et 11% des victimes.

Dans le milieu professionnel, ladite note fait ressortir que 16% des hommes ayant exercé une activité économique durant les 12 mois précédant l’enquête sont victimes d’au moins un acte de violence, 19% parmi les citadins et 11% parmi les ruraux. La quasi-totalité des actes de violence dans le lieu de travail sont des comportements psychologiques violents subis par 15% des hommes actifs.

La violence dans ce contexte prédomine parmi les salariés (18%), les commerçants (21%), les artisans et ouvriers qualifiés (20%), les cadres moyens et employés de bureau (19%) et les travailleurs de petits métiers (18%).

 

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Les violences sont commises par des responsables hiérarchiques pour 43% des hommes victimes, par des collègues pour 40% et par d’autres personnes fréquentées dans le cadre de l’exercice de leur activité professionnelle notamment, les clients, les fournisseurs, pour 52% des victimes.

Sur un autre volet, le HCP souligne que 12% des élèves et étudiants ont subi au moins un acte de violence dans les établissements d’enseignements et de formation durant les 12 mois précédant l’enquête. Contrairement aux autres contextes, les ruraux sont plus vulnérables à la violence dans ce contexte que les citadins (19% contre 10%).

S’agissant de la violence électronique (ou cyber-violence), elle touche plus de 10% des hommes, 13% en milieu urbain contre moins de 5% en milieu rural.

Cette forme de violence est plus prépondérante parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (18%) et de 25 à 34 ans (14%), les célibataires (17%), les élèves et étudiants (23%).

Selon le niveau scolaire, les hommes ayant un niveau supérieur (21%), secondaire qualifiant (13%), ou secondaire collégial (10%) enregistrent des taux nettement plus élevés comparés aux hommes n’ayant aucun niveau scolaire (3%).

Par type d’activité, les chômeurs (17%) et les inactifs (14%) sont plus vulnérables que les hommes actifs occupés (9%).

Le HCP fait aussi savoir que pour cerner les violences vécues par les hommes durant toutes les étapes de leur vie, l’enquête a capté également les violences endurées par cette population pendant l’enfance (avant l’âge de 15 ans), et plus précisément, les violences sous ses deux formes physique et sexuelle, commises par des personnes adultes ayant 18 ans et plus, que ce soient les parents ou les tuteurs, les membres de la famille, les voisins, les connaissances ou les étrangers.

 

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Ils sont 49% d’hommes (53% en milieu urbain et 44% en milieu rural) à avoir subi une violence physique et/ou sexuelle pendant leur enfance, 49% une violence physique (52% en milieu urbain et 44% en rural) et 3% une violence sexuelle (4% en urbain et 2% en rural), précise-t-il.

L’examen des taux de prévalence de la violence pendant l’enfance selon l’âge des hommes montre que 52% d’hommes âgés de 15 à 34 ans ont dû endurer une forme de violence physique et/ou sexuelle avant l’âge de 15 ans, dont 4% d’abus sexuel et 45% des hommes âgés de 60 ans et plus, dont 2% ont été sexuellement violentés.

« Ce constat renseigne sur un accroissement global de la violence, dont l’abus sexuel, envers les enfants dans la société », note le HCP, ajoutant que la violence physique endurée par les hommes pendant l’enfance est majoritairement perpétrée par des membres de la famille proche puisque 62% des victimes désignent les parents et 21% les frères et sœurs.

De plus, 41% des victimes de violence physique incriminent les enseignants à l’école. Parmi les hommes victimes de violence sexuelle durant leur enfance, 55% incriminent des personnes inconnues et 25% des voisins.