Le syndicat des producteurs marocains lance un appel à El Othmani

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Le Centre cinématographique marocain a organisé le 12 novembre dernier la journée nationale du cinéma, consacrée cette année à la production étrangère au Maroc.
Cette journée a été une belle occasion pour le pays de se féliciter du nombre croissant des productions étrangères au Maroc. Depuis début 2018, plus de 100 millions de dirhams sont accordés aux producteurs  venus tourner au royaume.
De l’autre côté, le cinéma marocain se meurt. Depuis 2017, les retards dans les paiements des subventions s’accumulent. Malgré plusieurs relances des professionnels auprès du ministre de la communication et les efforts du CCM, la situation va de pire en pire.
Plusieurs producteurs ont été contraints à suspendre leurs tournages pour manque de moyens. Or, un tournage suspendu coûte plus cher au moment de sa reprise. Sans parler de la disponibilité des acteurs et des techniciens, qui ne garantissent plus une fin certaine du film.
Les producteurs marocains se retrouvent des fois  dans l’obligation d’hypothéquer leurs biens et émettre des chèques sans provisions car l’Etat n’honore plus ses engagements vis-à-vis de ses cinéastes.
Depuis l’année 1980, le Maroc a initié une politique publique de soutien au cinéma, ce qui a fait de notre pays un modèle sur le continent africain et dans le monde arabe. Plus de 70 festivals dans le monde ont programmé des films marocains en 2017, mais la politique du gouvernement actuel envers le cinéma est incompréhensible, et les chiffres sont alarmants : la production de plus de 40 longs métrages est à l’arrêt, plus de 2500 techniciens et 500 comédiens vivent du cinéma national soit autant de familles qui sont depuis plus d’un an dans une précarité extrême.
Pourquoi soutenir la production étrangère et négliger la production nationale? Le ministre de la communication réalise-t-il la gravité de son action, ou plutôt de son inaction? Nous en appelons au chef du gouvernement et les deux ministères de la comunication et de la finance  pour qu’une prise de conscience générale sauve la situation avant qu’il ne soit trop tard.