Le nouveau visage de l’immigration subsaharienne au Maroc

à 11:00

Les migrants subsahariens, qui ont pour première intention d’aller en Europe, sont de plus en plus nombreux à décider d’ouvrir boutique au Maroc, profitant des nouvelles lois leur permettant d’obtenir un titre de séjour et le permis de travail.
 
Suite à des pressions des pays européens qui lui demandaient d’endiguer les flots migratoires vers l’Europe, le Maroc a lancé une vaste opération pour régulariser les dizaines de milliers d’immigrants, et leur permettre de profiter des services de santé et l’éducation.
 
Le mois passé, une nouvelle addition a été faite au programme de régularisation. Elle consiste à aider les immigrants à développer des petits commerces. Pour l’instant, cette aide à la création d’entreprises est financée par les Nations Unies, et est restreinte aux réfugiés enregistrés. Néanmoins, elle s’étendra, avec l’aide de l’Union européenne, à tous les migrants en situation régulière au Maroc.

Si les lois leur sont aujourd’hui favorables, les migrants bénéficient surtout de l’aide d’organisations locales qui les aident à s’en sortir dans un pays qui ne leur est pas familier.
 
L’Association marocaine d'appui à la promotion de la petite entreprise (AMAPPE) fait partie de ces associations. Jusque-là, elle a aidé 300 personnes à démarrer une affaire, et porté conseil à pas moins de 90 autres.
 
"J’avais besoin d’aide pour développer mon commerce, mais je n’avais personne vers qui me tourner", confie N’Dri Marthe, une ressortissante ivoirienne propriétaire d’un petit magasin de beauté au "Marché Sénégalais" de Casablanca. Elle ne manque pas d'exprimer sa gratitude à l’AMAPPE qui a financé et supervisé son projet.

"La société marocaine commence à réaliser qu’il y a des migrants étrangers parmi nous, qui ont besoin de travailler, de vivre avec dignité, qui ont besoin des mêmes droits au travail, au logement, aux soins de santé que les Marocains", explique Said Makhon, directeur de l’AMAPPE.
Les immigrants qui décident de rester au Maroc restent cependant confrontés à d'autres difficultés sociales, notamment le racisme. Alors, certains d’entre eux dirigent leurs affaires vers la clientèle étrangère, surtout subsaharienne.
Malgré les difficultés, ces hommes et ces femmes ne baissent pas les bras. C’est le cas de Fabien Manzingo, un Congolais qui a ouvert, avec l’aide de l’AMAPPE, le Café Ouarzazate dans le quartier populaire de Taqadoum, à Rabat. "La vie est un combat", se contente-t-il d'expliquer, déterminé et optimiste.