La santé de Omar Radi et Soulaimane Raissouni, en grève de la faim, inquiète leur famille

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Les familles de deux journalistes marocains, Omar Radi et Soulaimane Raissouni, se sont inquiétées samedi de la détérioration de leur état de santé. En détention préventive depuis des mois, les deux hommes observent depuis plus de deux semaines une grève de la faim.

« La vie de Soulaimane, comme celle d’Omar Radi, est en danger! Leur santé se détériore de jour en jour », a indiqué à l’AFP Khouloud Mokhtari, l’épouse de M. Raissouni qui a perdu 22 kilos « depuis son arrestation (il y a dix mois), dont sept cette semaine ».

Les parents de M. Radi, arrêté il y a huit mois, se sont quant à eux inquiétés des « graves conséquences » d’une grève de la faim sur la santé de leur fils, lors d’un rassemblement de solidarité qui a réuni une trentaine de soutiens à Casablanca.

Les deux journalistes ont entamé une grève de la faim il y a plus de deux semaines afin de réclamer une remise en liberté provisoire, refusée à plusieurs reprises par la justice marocaine. De leur côté, les autorités marocaines mettent toujours en avant l’indépendance de la justice et la conformité des procédures.

 

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Omar Radi, 34 ans, connu pour son engagement pour les droits humains, est poursuivi dans une double affaire de « viol » et d’espionnage. Son procès a été renvoyé au 27 avril lors d’une audience au début du mois.

Soulaimane Raissouni, 48 ans, rédacteur en chef du journal Akhbar Al-Yaoum –qui a cessé de paraître mi-mars pour des raisons financières– est poursuivi pour « attentat à la pudeur avec violence » et « séquestration », après une plainte déposée par un militant de la cause LGBT.

La prochaine audience de son procès, renvoyé trois fois, est fixée au 18 mai.

Les deux journalistes ont toujours nié les faits reprochés et leurs soutiens affirment qu’il s’agit d’un « procès politique ».

Un groupe de six députés du parti islamiste PJD a adressé il y a dix jours une question au chef du gouvernement marocain Saad-Eddine El Othmani pour savoir ce qui était mis en place « pour sauver la vie » des deux hommes.

En réponse, l’administration pénitentiaire a indiqué avoir « tenté à maintes reprises de les dissuader d’observer une grève de la faim ».

Face à leur refus, ils sont sous contrôle médical quotidien, selon cette même source.