Kenitra: le CSPJ écarte un juge anticorruption de ses fonctions

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Après avoir refusé un pot-de-vin de 10 millions de dirhams, le juge Abderrazak Jbari s’est vu écarter de ses fonctions. Bien que le président du tribunal de première instance de Kénitra ait demandé son maintien, le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) a entériné récemment cette décision.

Devenu célèbre après avoir refusé la somme de dix millions de dirhams (un milliard de centimes) de la part d’un baron de la drogue en échange de l’abandon des poursuites contre ce dernier, le désormais ancien juge d’instruction Abderrazak Jbari a été écarté de ses dernières fonctions.

Il est revenu à son poste initial, à savoir juge de la Chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Kénitra.

Malgré la demande de renouvellement formulée par le président du tribunal de première instance, le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) a décidé de l’écarter de cette fonction, rapporte Akhbar Al Yaoum dans son édition du jeudi 27 février.

Une décision qui suscite beaucoup d’interrogations étant donné qu’elle a été précédée par deux incidents qui peuvent être corrélés.

Il y a eu d’abord cette tentative de corruption du juge par un baron de la drogue qui lui a proposé une somme de dix millions de dirhams contre l’abandon des poursuites dans le cadre d’une affaire de trafic international de drogue.

Une tentative qui s’est heurtée au fort esprit déontologique du juge qui a courageusement dénoncé cet acte. Et d’aller plus loin en ordonnant la détention du baron et l’ajout de chef d’accusation «corruption» aux charges retenues contre lui.

 

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D’un autre côté, il y a eu une plainte anonyme contre le juge, connu pour avoir écroué des notables qui cherchaient à le corrompre, adressée au président du parquet général, Mohamed Abdennabaoui.

La plainte de deux pages mettant en cause l’intégrité du juge demandait au président du parquet général l’ouverture d’une enquête sur le juge.

Cette plainte est devenue virale sur WhatsApp, d’autant que Jbari n’a pas été auditionné jusqu’à présent.

Malgré cela, Jabri a envoyé, en tant que secrétaire général du Club des magistrats, une déclaration de son patrimoine à son président, Abdellatif Chentouf.

Une question s’impose, selon le quotidien: quel est le motif réel derrière cette décision du CSPJ ?