Espagne: 40 activistes rifains demandent l’asile politique pour éviter l'expulsion

à 13:15

Un groupe d’environ 40 migrants marocains arrivés lundi dans le port de Motril ont demandé l’asile en Espagne. Selon El País, ces derniers se disent “persécutés” à cause de leurs activités lors des manifestations du Rif. 

Des migrants marocains ont demandé l’asile à l'Espagne à leur arrivée au port de Motril lundi dernier. Ils disposent d’un mois pour lancer les démarches administratives concernant cette demande d’asile.

Des sources du ministère de l’Intérieur ont confié à El Pais, qu’en 2017 les autorités espagnoles ont reçu 531 demandes d’asile de la part de Marocains, un chiffre en hausse de 44 %. En 2018, alors que l’année n’est toujours pas finie, 765 demandes d’asile de Marocains ont déjà été enregistrées.

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Des sources du syndicat des policiers ont expliqué au quotidien espagnol qu’«il s’agit d’une procédure qui est utilisée beaucoup plus qu’avant». «Les immigrés sont mieux informés par leurs avocats, mais aussi par ceux qui les aident à traverser. Ils savent qu'avec cette procédure, ils bloquent leur retour immédiat et peuvent ainsi rester dans la rue.»

Consuelo Rumí
Secrétaire d'État espagnole aux Migrations


Lors d’une visite au Maroc le 3 octobre dernier, la secrétaire d’État aux Migrations, Consuelo Rumí, a confirmé que l’Espagne a reçu plus de demandes d’asile au cours des dernières semaines, ajoutant que « la plupart des migrants marocains font ces demandes pour retarder leurs expulsions. Mais nous allons les résoudre rapidement, dans le respect des garanties juridiques. »

 

 

À ce jour, seul un militant du Hirak a obtenu le statut de réfugié politique. Âgé de 33 ans, il avait fui Al Hoceima suite à une convocation qu'il avait reçu des autorités marocaines pour se présenter au poste de police en tant responsable des manifestations.

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Selon le rapport annuel 2017 du Comité espagnol pour l’Aide aux réfugiés, les demandes d’asile des Marocains étaient fondées principalement sur deux cas: les personnes  persécutées en raison de leurs activités durant le Hirak et celles appartenant au collectif LGTB. 

De manière générale les Marocains et les Algériens qui arrivent illégalement en Espagne sont immédiatement renvoyés dans leur pays, en vertu d’accords bilatéraux. Quant aux migrants en provenance des pays d’Afrique subsaharienne, il suivent une procédure de retour difficile à respecter et finissent souvent par être libérés.