Contrairement à ce que l’on croît, le Maroc a un excédent de 14.055 enseignants!

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Classes fortement allégées, volumes horaires non respectés, non exploitation des établissements scolaires, sureffectif des professeurs… la mise à niveau des écoles reste encore un énorme chantier.

La répartition des structures pédagogiques et l’affectation des enseignants révèle un déficit de 16.700 enseignants, tous cycles confondus, par rapport aux besoins du système éducatif marocain. Pourtant, la carte scolaire réajustée 2016/2017 affiche, elle, un excédent de 14.055 enseignants. Comment un tel paradoxe est-il possible? La Cour des comptes explique que « la coexistence des déficits et des excédents en enseignants est une caractéristique structurelle du système éducatif ». En d’autres termes, l’encombrement dans les classes et le manque d’enseignants ne sont que la partie visible de l’iceberg.

Selon la Cour, cet excédent en enseignants se manifeste par un volume horaire enseigné réduit. En effet, 40 % des enseignants du cycle qualifiant enseignent moins de 14 heures par semaine au lieu des 21 heures réglementaires et 42% des enseignants du cycle collégial enseignent 18 heures par semaine au lieu des 24 prévues.

La cour met également en exergue la non exploitation des établissements scolaires. En effet, 16.262 classes sont en bon état et ne sont pas exploitées, 9.103 d’entre elles sont fermées et 7.159 sont utilisées à d’autres fins. Alors qu’au même moment, selon la Cour des comptes, 9.365 salles sont en situation de délabrement avancé et certains établissements scolaires n’ont même pas de bloc sanitaire, ils ne sont pas raccordés aux réseaux d’assainissement, d’eau et d’électricité, subissent un problème d’infiltration des eaux et d’étanchéité.

En réponse au rapport de la Cour des comptes, le ministère de tutelle précise que la mise à niveau des établissements scolaire et des internats est considérée comme l’une des principales priorités pour l’année 2017/2018. Le ministère lance d’ailleurs pour cette période un nouveau programme qui repose sur un ensemble de mesures prioritaires principalement liées au renouvellement du mobilier scolaire, à la réhabilitation des façades, des espaces intérieures des établissements ainsi que le remplacement des constructions en préfabriqué.