226 Marocains refoulés de France en 2016 contre 648 Algériens

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Sur les huit premiers mois de 2016, les ressortissants marocains représentaient la quatrième nationalité concernée par les non-admissions sur le territoire français.

Après avoir été maintenus en zone d’attente, majoritairement dans des aéroports français, ils étaient 226 Marocains non-admis sur le territoire français durant les huit premiers mois de 2016, contre 648 ressortissants algériens, révèle un rapport publié jeudi 29 juin par le GADEM (Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants) et l’Anafé (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers).

Intitulé «Privés de liberté en zone de transit: des aéroports français aux aéroports marocains », le rapport pointe du doigt «l’opacité des pratiques administratives et policières» dans les zones d’attente.

«Les personnes sont parfois enfermées dans des conditions indignes, sans cadre légal, en dehors de toute procédure juridique, sans possibilité d’accéder à un conseil juridique gratuit ou aux soins de santé», souligne le rapport.

Le document rapporte également des cas concrets. Ont cite dans ce sens, celui d’une Marocaine de 66 ans, Mme E. venue rendre visite à son fils en France, interpellée à l’aéroport de Strasbourg le 5 avril 2016.

«Madame E a une maladie du cœur et fait de l’hypertension, elle suit un traitement. Un médecin intervient pour lui prescrire des médicaments, mais malgré son état de santé, elle doit passer deux nuits sur un banc de l’aéroport avec ses jambes gonflées. Madame est renvoyée vers Casablanca le 7 avril 2016, 48 heures après son arrivée. Bien que l’ensemble des documents nécessaires pour une éventuelle libération aient été rassemblés, elle a été renvoyée avant d’avoir pu les transmettre à la police», relève la même source.

Par ailleurs, le rapport formule diverses recommandations pour mettre fin « aux violations répétées des droits fondamentaux des personnes maintenues dans les aéroports français ou marocains».

Il s’agit de garantir l’accès à un contrôle juridictionnel à toute personne maintenue et que la décision du maintien en zone d’attente ne soit qu’une mesure exceptionnelle et de dernier recours à appliquer dans le respect strict de la loi.

Les associations auteurs du rapport demandent aussi, «considérant l’intérêt supérieur de l’enfant, la fin de la privation de liberté des mineurs (accompagnés ou isolés) et des femmes enceintes».