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Séisme dans le nord du Maroc: les explications d’un expert
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Un tremblement de terre a frappé la région de Ouezzane, dans le nord du Maroc, vers minuit dans la nuit de lundi à mardi, provoquant une grande panique parmi les habitants. H24Info a interrogé le chercheur Kamal Agharroud sur cet événement.
La secousse, dont l’épicentre est situé à 15 kilomètres de la ville de Ksar El Kebir, a été ressentie par les habitants de plusieurs villes, notamment Ouezzane, Ksar El Kebir, Larache, Asilah, Tanger, Tétouan, Chefchaouen, Rabat, Casablanca, Temara, Kénitra, Fès et d’autres villes. Selon le géologue et chercheur Kamal Agharroud, contacté par H24Info, cet événement est probablement lié à une activité géologique dans la zone de la chaîne rifaine.
« Le Rif est reconnu pour son activité sismique relativement intense, notamment dans la région d’Al Hoceima. En revanche, dans le Rif central et septentrional, l’activité sismique est généralement plus faible, bien que nous ayons enregistré ce séisme d’une magnitude de 5,1 sur l’échelle de Richter« , observe-t-il.
«Il est important de noter que ce type de séisme ne se produit pas exactement sur la limite des plaques tectoniques, où l’on trouve la répartition des épicentres. La complexité de cette zone limite rend l’origine de ces séismes difficile à expliquer. Cependant, des études basées sur les déplacements des blocs dans le Rif suggèrent que cette activité est liée à la convergence des plaques ibérique et africaine», poursuit notre interlocuteur.
Ainsi, élabore-t-il, «cette convergence entraîne une dynamique complexe dans la région, notamment autour de la zone d’Alboran, où un petit bloc semble être piégé entre ces deux plaques, entraînant des mouvements rotationnels liés à des décrochements».
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Agharroud souligne qu’il est difficile de déterminer l’origine exacte de ce séisme. Cependant, «il est possible que la poussée de la chaîne du Rif vers le sud-ouest, comme le montrent les travaux utilisant les données GPS, génère une contrainte tectonique importante sur des structures géologiques parfois »aveugles » dans cette région».
Et d’ajouter: «Actuellement, il n’existe pas d’études précises identifiant des failles actives dans cette zone, bien que des équipes de recherche s’efforcent de trouver des indices sur une activité tectonique plus récente.»
D’après le chercheur, «au Maroc, nous avons l’habitude d’observer des séismes d’une magnitude plus importante, comme ceux de la région d’Al Hoceima, et plus récemment dans l’Atlas. Ces événements sont souvent associés à des failles bien connues. En revanche, certaines zones du Maroc présentent une activité sismique modérée, malgré la présence de failles actives, comme c’est le cas pour la zone de Fès-Meknès.»
Les travaux menés dans la région ont permis de détecter plusieurs segments de failles qui sont actifs, mais avec des périodes de récurrence généralement longues. D’autres études ont permis d’identifier des failles actives, mais celles-ci ne sont pas localisées dans des zones à forte activité sismique, fait savoir notre source. « Cela souligne l’importance d’une révision approfondie des cartes sismiques du Maroc, en se basant sur la recherche géologique et sismologique actuelle, pour mieux comprendre les structures actives et les dynamiques tectoniques en jeu« , appelle-t-il.
