Covid-19 : Le variant sud-africain immunise contre les autres souches

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Les personnes infectées par le variant sud-africain de la Covid-19 deviennent immunisées contre la réinfection et peut-être contre d’autres variants existants, a révélé jeudi un institut de recherche sud-africain.

Ce constat signifie que les personnes contaminées par la souche baptisée 501Y.V2 développent une certaine immunité contre le variant initial et les autres variants découverts dans d’autres pays, a déclaré le directeur de l’Institut de recherche et de séquençage de la province du KwaZulu-Natal (KRISP), Tulio de Oliveira.

En revanche, a-t-il ajouté, les recherches effectuées ont démontré que cette protection peut diminuer avec le temps.

«En aucun cas, nous disons que ces personnes ne devraient pas être vaccinées», a-t-il averti, soulignant qu’au contraire, il est nécessaire d’augmenter le rythme de la vaccination «pour éviter la troisième vague qui devrait être très meurtrière».

Pour sa part, le professeur au sein de l’Institut national des maladies transmissibles, Penny Moore, a expliqué que les anticorps neutralisants du variant 501Y.V2 ont une réaction croisée, empêchant ainsi l’infection par d’autres variants.

Ainsi, a-t-il ajouté, les anticorps des personnes infectées par le variant sud-africain ont pu neutraliser non seulement cette souche, mais également le variant original et celui identifié pour la première fois au Brésil.

 

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«Cela signifie que les anticorps engendrés suite à l’infection par la nouvelle variante sont différents et ont la capacité de reconnaître non seulement leur propre virus, mais aussi d’autres virus», a-t-il poursuivi.

A la traîne dans la course à la vaccination, l’Afrique du Sud, pays officiellement le plus touché du continent par la pandémie, devait commencer à immuniser sa population de 59 millions au début du mois de février, avec un million de vaccins britanniques de l’alliance AstraZeneca/Oxford.

Ce premier lot avait été réceptionné début février en grande pompe, en présence du président Ramaphosa. Mais quelques jours plus tard, une étude révélant une efficacité « limitée » du vaccin d’AstraZeneca contre le variant sud-africain baptisé 501Y.V2, avait contraint le gouvernement à suspendre sa campagne de vaccination.

L’Afrique du Sud vient de traverser une deuxième vague de coronavirus, largement causée par le variant local réputé plus contagieux. Le pays compte plus de 1,5 million de cas d’infection et plus de 50.000 décès.