Sahara: quand l’Armée algérienne appelle ses compatriotes à se «tenir prêts»

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Dans l’éditorial du dernier numéro de sa revue El Djeich, l’armée appelle les Algériens à se «tenir prêts», afin de déjouer «la menace». Une énième provocation du pays voisin, en manque d’appuis et d’arguments?

L’éditorial du dernier numéro de la revue El Djeich, organe officiel de l’Armée nationale populaire (ANP), appelle «les Algériens à se tenir prêts en raison de la menace que font peser certaines parties ennemies sur la sécurité de la région», rapporte le site TSA.

En cause: « la détérioration de la situation régionale le long de notre bande frontalière” poursuit l’éditorialiste qui tente de justifier son appel va-t-en guerre: « Ces menaces, même indirectes, nous concernent et nous devons nous tenir prêts à y faire face. Bien plus, nous y sommes contraints parce que notre pays a des obligations régionales imposées par son rôle pivot, outre ses positions de principe immuables de soutien à toutes les causes justes ».

 

Pour El Djeich, «le combat contre ces plans hostiles visant notre pays implique la nécessité, pour notre peuple, d’être conscient des desseins inavoués que cherchent à concrétiser ces parties ennemies et, par voie de conséquence, sa mobilisation autour de sa direction pour les déjouer. Ainsi, il sera possible au peuple de leur faire échec comme il a réussi à le faire toutes les fois que ces cercles et officines avaient tenté de porter atteinte à notre pays.»

A aucun moment, l’éditorialiste d’El Djeïch n’a cité le Maroc, mais l’on devine bien que le message lui est bien adressé, souligne pour sa part le site Observ Algérie qui n’hésite pas à évoquer la menace marocaine.

Un message subliminal de la part de l’armée algérienne? En tout cas un appel malvenu qui intervient alors que le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, Chef Suprême des Forces Armées et Ministre de la Défense Nationale, est toujours en Allemagne où il a été hospitalisé il y a un mois, après avoir contracté le covid-19.

Un retour du président a bien été évoqué la semaine dernière, mais depuis silence radio. Les questions demeurent en l’absence de tout détail précis sur sa guérison et la durée de sa convalescence. Cette communication parcellaire et le manque d’images du président ont réveillé le spectre de la carence du pouvoir, renforçant un peu plus l’incertitude politique du pays, durement frappé par la crise sanitaire et économique.