Sahara occidental: première réunion attendue lundi de l’ONU depuis la rupture du cessez-le-feu

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Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait débattre lundi du Sahara, pour la première fois depuis la rupture il y a plus d’un mois du cessez-le-feu et la reconnaissance américaine le 11 décembre de la souveraineté du Maroc sur ce territoire, selon des diplomates.

Demandée par l’Allemagne, la session ayant pour thème « la situation au Sahara occidental » où s’opposent le Maroc et le Polisario devrait donner lieu à un exposé de la secrétaire générale adjointe de l’ONU pour les Affaires politiques, Rosemary DiCarlo.

Elle devrait se tenir dans l’après-midi et sera à huis clos comme toutes les réunions sur ce dossier, ont précisé jeudi à l’AFP les mêmes sources.

Le Maroc contrôle 80% de ce territoire de 266.000 km2 auquel il propose une autonomie sous sa souveraineté. Le Polisario réclame un référendum d’autodétermination prévu par un accord de cessez-le-feu signé en 1991 sous l’égide de l’ONU après 16 ans de guerre.

 

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Chargée du contrôle de la cessation des hostilités, l’opération de Casques bleus dans la région porte le nom de « Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental » (Minurso) et a été renouvelée en octobre pour un an.

Les résolutions de l’ONU sont rédigées par les Etats-Unis et des membres du Conseil de sécurité pourraient demander à ce que la « plume » pour ce dossier soit confiée à un autre pays, après la reconnaissance par Donald Trump de la souveraineté marocaine.

« Les Africains et l’Algérie vont peut-être juger que les Etats-Unis ne sont plus neutres », indique à l’AFP un diplomate sous couvert d’anonymat.

Dans sa proclamation du 11 décembre, le président américain Donald Trump affirme que « les Etats-Unis pensent qu’un Etat indépendant sahraoui n’est pas une option réaliste pour résoudre le conflit et qu’une véritable autonomie sous souveraineté marocaine est la seule solution envisageable ».

La rupture du cessez-le-feu est intervenue le 13 novembre et le Polisario fait état depuis d’échanges de tirs réguliers le long du mur de sable qui sépare les deux camps sans qu’il soit possible de les confirmer de manière indépendante.

Selon Richard Gowan, spécialiste de l’ONU au centre de réflexion International Crisis Group, « la plupart des membres de l’ONU vont estimer que le mieux est de faire profil bas en attendant de voir ce que Joe Biden fera l’année prochaine ». A ce stade, « ça ne sert à rien d’avoir un débat conflictuel au Conseil de sécurité ou à l’Assemblée générale », affirme-t-il.

« Le mandat de la Minurso court jusqu’en octobre, il y a donc du temps pour Biden pour revenir sur la position de Trump ou de trouver une formule évitant une dispute au Conseil de sécurité l’année prochaine », précise à l’AFP Richard Gowan.