Sahara: après le succès de l’intervention marocaine, l’Algérie tente de sauver la face

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Les récents évènements d’El Gueguerat continuent d’alimenter les médias Algériens. Mais alors que l’intervention marocaine a été saluée par plusieurs pays et institutions, l’Algérie tente quant à elle de sauver la face, en invoquant de faux arguments.

L’opération militaire menée par les éléments des Forces Armées Royales (FAR) et qui a permis de déloger les milices du Polisario du point de passage entre le Maroc et la Mauritanie, continue de faire couler beaucoup d’encre chez nos voisins algériens.

Le site francophone TSA s’interroge ce mardi 17 novembre dans un article intitulé «Sahara occidental: le conflit oublié de nouveau sous les projecteurs» un ancien diplomate algérien pour faire le point. Ce dernier préférant garder l’anonymat estime ainsi que «l’intervention militaire marocaine a donné un argument au Front Polisario pour dénoncer le cessez-le-feu. Ce qui s’est passé n’est pas un feu de paille. Les Sahraouis cherchent à inverser le rapport de force dans la région. Le processus politique a montré ses limites».

 

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L’intervention marocaine serait donc une aubaine pour les séparatistes affirment ce diplomate, soutenant que «quand il y a une impasse diplomatique, et c’est le cas pour le conflit au Sahara occidental, il faut que la situation sur le terrain crée une nouvelle dynamique. C’est l’objectif des Sahraouis».

Dérangés par le soutien au Maroc

Sur les ondes de la chaîne I de la Radio algérienne, le directeur général de l’institut national d’études de stratégie globale (INESG), Abdeleziz Medjahed soutient quant à lui une autre thèse, pointant du doigt la France. «C’est la France qui soutenait le Maroc et le protège, en le préservant de rendre des comptes suite à la violation de l’accord de cessez-le-feu et du droit du peuple sahraoui», affirme-t-il, tout en accusant le pays européen «d’empêcher la mission de la Minurso de surveiller les droits de l’Homme».

D’un ton plus neutre, le site Algérie Part questionne ce mardi «l’inquiétant recul de l’Algérie sur la scène africaine». «Naguère l’Algérie jouait un rôle central au sein du Nepad (…) aujourd’hui, elle a fait un gigantesque pas en arrière dans son implication au sein de l’organisation panafricaine en raison de l’inefficacité de sa Direction de la documentation et de la sécurité extérieure (DDSE), principal appui pour la diplomatie dans le positionnement du pays sur la scène internationale», écrit le média.

 

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Un constat fait après les multiples soutiens africains et arabes dont a bénéficié le Maroc ces derniers jours. Cet appui dérange les parlementaires algériens, qui dans un communiqué publié ce jour même dénoncent « toute tentative de dissimulation de la réalité de cette question », la considérant comme « une transgression claire de ce qui est consacré au traitement de la question saharienne ».

Les deux chambres estiment également dans leur communiqué que «les institutions d’action arabe conjointe devraient se distancier des questions controversées et des relations arabo-arabes, d’autant que la question du Sahara est une question à l’ordre du jour des Nations Unies».