Sahara: à Madrid, le ministre algérien des AE s’en prend au Maroc et… à l’Espagne

5029
Le ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoumet son homologue espagnole Arancha Gonzalez Laya, le lundi 29 mars./DR

Lors de sa première visite express à Madrid, le ministre algérien des Affaires Etrangères a détourné le débat afin d’évoquer le dossier du Sahara et a lancé «diverses invectives contre le Maroc».

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, s’est rendu ce lundi 29 mars à Madrid et a été reçu notamment par son homologue espagnole Arancha González Laya. Lors d’un point presse, la ministre espagnole a abordé les discussions autour de questions bilatérales, telles que l’immigration, le terrorisme ou encore la coopération énergétique, alors que son homologue algérien a tenté à plusieurs reprises d’imposer le dossier du Sahara.

Dans un espagnol approximatif, le ministre algérien a d’abord brièvement commenté «les évolutions récentes au Sahara occidental», les mêlant à la Libye, le Sahel et le Proche-Orient.

Aucun commentaire ne suivra de la part de la ministre espagnole, qui sera toutefois relancée sur le sujet par une journaliste de la télévision algérienne qui accompagnait le ministre lors de cette visite.

«La position de l’Espagne reste inchangée, défendant une solution politique, juste et négociée sous l’égide de l’ONU», a souligné la ministre espagnole, notant que l’Espagne espère l’arrivée prochaine d’un envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara.

D’ailleurs, la nomination d’un nouvel envoyé a été évoquée par Antony Blinken, chef de la diplomatie des États-Unis lors d’une réunion virtuelle, tenue ce lundi 29 mars, avec le secrétaire général de l’ONU. Il a ainsi exhorté «le secrétaire général (de l’ONU) à accélérer la nomination d’un envoyé personnel», rapporte Yabiladi.

 

Lire aussi: Le Sahara au menu d’entretiens entre des hauts responsables russes et l’ambassadeur marocain à Moscou

 

Pour sa part, le ministre algérien a affirmé lors de ce point presse qu’il s’agit «d’un problème de décolonisation qui doit être résolu par l’autodétermination», une thèse développée dans une autre interview accordée à El Pais.

L’interview a été l’occasion pour le ministre de s’en prendre une nouvelle fois au Maroc en lançant «diverses invectives contre l’attitude du royaume», écrit le média ibérique. Interrogé sur la situation sur le terrain, Boukadoum affirme que l’on «prend une résolution, puis une autre … qui ne mènent à rien, seulement au blocus et on sait déjà qui bloque. Certains pays passent leur temps à insulter», dit-il.

Enfin, Boukadoum affirme à El Pais que «l’Espagne a une responsabilité historique, elle ne peut pas se cacher derrière les Nations unies. Elle a une responsabilité particulière et doit intervenir». Une affirmation qu’il n’a pas osé apparement exprimer un peu plus tôt devant la ministre espagnole des Affaires étrangères.