Sabots: l'arrestation d'un activiste à Tanger suscite l'indignation

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Si l’utilisation des sabots est suspendue à Tanger, suite à une décision du tribunal administratif de Rabat, les procès s’y rattachant ne diminuent pas pour autant. L’arrestation de Mohamed Said Bouhaja, un des Tangérois les plus actifs dans la campagne de boycott des sabots, a suscité l’indignation de la Toile qui réclame sa libération.
Mohamed Said Bouhaja, propriétaire d’une agence de location de voitures, fait partie des personnes qui ont le plus œuvré pour la réussite de la campagne de boycott de sabots.  Il a été arrêté jeudi dernier pour six différentes accusations provenant de  la société Somagec, dont les principales sont le « vol et destruction de biens publics, acquisition d’outils destinés à ouvrir ou casser des serrures et incitation au délit ».
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Son avocat Omar Benaâjiba nous déclare pourtant que « la police n’a trouvé aucun sabot ou clé de sabot. » Pour lui, cette affaire pourrait être « un moyen de faire peur aux personnes impliquées dans le combat contre la pose des sabots à Tanger ».
« Il est accusé du vol de 160 sabots. C’est insensé! Pourquoi volerait-il ces sabots, que ferait-il avec? », s’exclame l’avocat.
Le tribunal refuse la liberté provisoire
D’abord poursuivi en état liberté provisoire, Mohamed Said Bouhaja a ensuite était placé en détention provisoire. Près de 20 avocats se seraient présentés jeudi dernier pour le soutenir, réclamant qu’il soit poursuivi en liberté provisoire. Le tribunal a rejeté cette requête et le procès est reporté à la semaine qui suit.
Ce jeudi 2 août, l’avocat Omar Benaâjiba est surpris de voir la famille de Bouhaja le prier d’abandonner sa défense. « Ceci aurait peut-être un rapport avec une possible réconciliation avec l’entreprise », nous explique l’avocat. La décision de la famille a toutefois été critiquée par les pro-boycott des sabots.
 
Il est à noter que le tribunal a de nouveau refusé la liberté provisoire pour Mohamed Said Bouhaja et a reporté son procès au 16 août.