Renvoi du procès en appel de l’historien Maâti Monjib

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Le procès en appel de l’historien franco-marocain Maâti Monjib, poursuivi pour « fraude » et « atteinte à la sécurité de l’Etat », a été renvoyé au 10 juin.

L’intellectuel de 60 ans avait été condamné fin janvier à un an de prison au terme d’un procès ouvert en 2015 et plusieurs fois reporté. Ses avocats et son comité de soutien avaient critiqué ce jugement, rendu en l’absence de l’accusé et sans convocation de sa défense.

« Le renvoi n’est pas en notre faveur. Ce procès, vide, dure depuis plus de cinq ans! », a tempêté Maâti Monjib, sous son masque, jeudi à la sortie du tribunal à Rabat.

Le procès porte sur des accusations de malversations dans la gestion d’un centre que Monjib avait créé pour promouvoir notamment le journalisme d’investigation. Des faits contestés par le militant alors que les donateurs ayant financé ses activités ne sont jamais plaints d’irrégularité.

L’appel concerne aussi six autres journalistes et militants des droits humains marocains, condamnés en première instance à des peines allant de trois mois avec sursis à un an de prison ferme. Trois d’entre eux ont quitté le Maroc et obtenu l’asile politique en France et aux Pays-Bas.

 

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Parallèlement à cette procédure, l’historien est sous le coup d’une enquête pour « blanchiment de capitaux », qui lui valu trois mois de détention préventive avant que la liberté provisoire ne lui soit accordée fin mars, au terme de 19 jours de grève de la faim.

A sa sortie de prison, l’intellectuel avait affirmé que son arrestation était liée à un article récent où il évoquait notamment « l’Etat parallèle » qui « cible » les militants au Maroc. « Les accusations contre moi sont fabriquées par la police politique », avait-t-il dit.

Le ministère de l’Intérieur a « réfuté catégoriquement » ces « allégations tendancieuses » en l’accusant de « porter atteinte à l’image du royaume en matière des droits de l’homme ».

Le cas de l’intellectuel mobilise les défenseurs des droits humains, dont Reporters sans frontières, Amnesty International et Human Rights Watch. Son comité de soutien français a exprimé cette semaine son « indignation face aux méthodes employées à son encontre ».