Réforme LMD: des diplômes Bachelors « hors-la-loi » ?

Le ministre de l'éducation, Saïd Amzazi, a promis de plaider en faveur des écoles privées auprès du ministère de l'Economie. Crédits photo: MAP

Si l’annonce de la réforme du système Licence/Master/Doctorat (LMD), qui devait être un remplacé par un système Bachelor, en avait enthousiasmé plus d’un. Néanmoins, sa mise en application génère déjà des cafouillages. L’école normale de Rabat, qui forme les enseignants, serait la première victime de la difficile articulation qu’impose la réforme.

Plusieurs écoles supérieures ont procédé à l’application du nouveau système de Bachelor (diplôme obtenu après 4 ans d’étude, en remplacement de la licence), alors que le gouvernement a annoncé sa mise en application dès la rentrée prochaine (2020/2021). En effet, selon les déclarations du ministre Saaïd Amzazi, seuls les inscrits en première année entrent dans le champ d’application de la réforme alors que ceux inscrits dans le cycle précédent continueraient à être soumis au LMD.

Selon le quotidien Assabah, l’Ecole normale supérieure de Rabat, qui fait partie des établissements de l’Université Mohammed V, a commencé à mettre en place le système de manière «anarchique», puisque les sources du média indiquent que les étudiants se trouvent ainsi dans l’obligation d’étudier une année de plus, puisque la licence s’obtient après 3 ans d’études seulement.

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Ainsi, les étudiants en dernière année, qui sont supposés glaner leur diplôme cette année, se sont vus reporter leurs stages de fin d’étude ainsi que leurs modules finaux à l’année prochaine.  Cette initiative aurait pour but «d’alléger la pression» sur la fonction publique, puisqu’Assabah rappelle que leur nombre a atteint 80.000, et une telle réforme permettrait de diminuer le nombre de lauréats, et donc d’économiser quelques milliards au niveau du budget du ministère.

Il ne s’agit pas de la première fois que les établissements d’enseignement opèrent une fuite en avant en matière de réformes gouvernementales. Pour rappel, le projet d’enseignement des matières scientifiques en français avait commencé avant même que le parlement n’approuve le texte, ce qui avait causé un blocage politique monstre…