Rapatriement: les Marocains bloqués à l’étranger attendent le feu vert du ministère de la Santé

Photo d'illustration./DR

Le ministère des Affaires étrangères se dit prêt à rapatrier tous les Marocains bloqués à l’étranger, à la condition d’obtenir le feu vert des autorités sanitaires.

Le ministère des Affaires étrangères, de la coopération africaine, et des Marocains résidant à l’étranger se dit prêt à rapatrier les Marocains bloqués à l’étranger depuis la fermeture des frontières du royaume en mars dernier. Pour débloquer la situation, le ministère de Nasser Bourita attend seulement l’aval du ministère de la Santé, rapporte le quotidien arabophone Al Akhbar, relayé par Le360. L’avis du ministère de la Santé demeure fondamental dans une telle prise de décision qui concerne la lutte contre la pandémie du covid-19.

Selon Al Akhbar, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a récemment affirmé devant le Parlement que « le rapatriement de ces citoyens était un droit indiscutable et parfaitement naturel ». Il a précisé que « les conditions actuelles imposées par la pandémie de coronavirus se sont opposées à ce droit naturel au retour ». Une source au sein du département des Affaires étrangères a confirmé au quotidien arabophone « que tout était prêt pour le rapatriement immédiat des Marocains bloqués à l’étranger, en attendant le feu vert des autorités sanitaires ».

En effet, la décision implique des conditions de retour strictes en matière de sécurité sanitaire (hébergement en quarantaine et suivi médical) afin d’éviter la contamination des familles et des autres citoyens. La balle semble être alors dans le camp du ministère de la Santé.

La source au sein du ministère a également mentionné à nos confrères la nécessité d’une coordination entre plusieurs ministères pour mener à bien cette opération de rapatriement, tels que les Affaires étrangères, l’Intérieur, la Santé, le Tourisme, les Transports, mais aussi la Royal air Maroc, les services de sécurité, la gendarmerie royale et les sociétés de transport maritime.

 

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En attendant, les quelques 25.000 Marocains bloqués à l’étranger patientent tant bien que mal. Le 11 mai dernier, plusieurs dizaines d’entre eux ont convenu de manifester devant leurs consultas respectifs à travers le monde (notamment en France, Allemagne, Turquie, Algérie, Espagne). Bloqués depuis maintenant deux mois, ils ont exprimé leur lassitude et leur volonté de rentrer chez eux, tout en appelant le roi Mohammed VI à intervenir pour mettre un terme à situation précaire.

Pour exemple, Badr Bentoumi, un ingénieur de 38 ans cité dans un article du journal Le Monde, et actuellement seul à Tychy, en Pologne, où son entreprise l’avait envoyé en formation: «Nous sommes psychiquement détruits. (…) Nous nous sentons humiliés lorsque nous voyons les autres pays rapatrier leurs citoyens, y compris depuis le Maroc. Pourquoi ce silence de mort ?».

C’est particulièrement ce manque de visibilité qui inquiète les Marocains concernés. Aucune date de retour n’a encore jamais été mentionnée par les autorités. « Ces gens ont l’impression qu’ils ne rentreront jamais dans leur pays. C’est le problème depuis le début: il n’y a pas de visibilité. L’Etat se doit de fixer une date de retour, quitte à revenir dessus si les conditions sanitaires ne le permettent pas », soulève Omar Balafrej, député de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), auprès du quotidien français. Et d’ajouter: « J’ai l’impression qu’ils ont peur d’annoncer une date qu’ils ne pourront pas tenir. C’est lié à la relation de confiance entre l’Etat et les citoyens au Maroc. »