Durant le Ramadan, le gaspillage alimentaire peut s’élever jusqu’à 500 DH par foyer

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S’il est synonyme de spiritualité, le mois sacré de Ramadan est aussi celui du gaspillage d’aliments en quantités considérables dans les foyers marocains. 

Selon les rapports du Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM) et de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 45,1 % des familles marocaines jettent l’équivalent de 6 à 51 dollars, soit 60 à 500 DH, d’aliments aux ordures fait savoir la MAP. S’il est synonyme de spiritualité, le mois sacré de Ramadan implique aussi le gaspillage d’aliments en quantités considérables dans les foyers marocains.

La faim suscite chez le consommateur des comportements d’achat impulsifs et excessifs, a contrario de cette période bénie qui invite plutôt au dépouillement matériel pour se concentrer sur le spirituel. «Le Marocain consomme sans limite et toujours plus», reconnaît Ouadie Madih, le président de la Fédération Nationale des Associations du Consommateur (FNAC), qui regrette que le consommateur achète plus qu’il ne peut consommer.

Le représentant insiste sur le caractère multidimensionnel du gaspillage alimentaire: économique mais aussi social, éthique et environnemental. Le consommateur qui jette un produit encore bon en prive une autre personne nécessiteuse. De plus, tout gaspillage engendrera des conséquences sur les générations futures, notamment en terme de consommation de l’eau.

 

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Les défenseurs des droits des consommateurs appellent ces derniers à modifier leurs habitudes et à intégrer l’impossibilité de jeter de la nourriture encore consommable. Dans ce but, il faut éduquer à l’école sur ce sujet, sensibiliser via des initiatives politiques ou associatives. Chaque acteur de la chaîne alimentaire, du producteur au consommateur en passant par l’industriel, le distributeur et le restaurateur, doit aussi se responsabiliser davantage.

Un récent rapport sur l’indice de gaspillage alimentaire 2021, du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et de l’organisation partenaire WRAP, livraient des données alarmantes tant au niveau international que national. Au Maroc, en 2019, 3.319.524 tonnes d’aliments ont été jetés à la poubelle. Par habitant et par an, ce sont exactement 91 kilogrammes de nourriture qui ont été jetés aux ordures cette année-là, indique le rapport, alors que les deux tiers des ménages marocains assurent leurs dépenses alimentaires en dessous de la moyenne.

Un confinement fort en chocolat

D’autre part, la situation pandémique et les mois de confinement ont également bouleversé les habitudes de consommation des Marocains revoyant à la hausse la part de l’alimentaire dans le panier moyen du consommateur, avec une part non négligeable pour les confiseries et la chocolaterie.

Selon les données d’AC Nielsen, ce secteur a crû de 17 % entre 2018 et 2019 évoluant à 670 millions de DH, rapporte L’Economiste dans son édition du jour. «La catégorie a continué à enregistrer une bonne performance en 2020 (ndlr: +6 %) pour dépasser les 710 millions de DH» , confie à nos confrères Imane Zaoui , directrice générale des affaires de Nestlé Maroc.

 

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«A titre d’exemple, les ventes de la fameuse pâte à tartiner Nutella ont bondi de 2.000 % durant la période de rush à l’annonce du confinement en 2020», soutenait le management de Label’Vie lors de la conférence de résultats annuels en février dernier.

Le Marocain a ainsi consommé en moyenne plus d’1 kg de chocolat par an, ce qui dépasse les données enregistrées en 2018. Idem pour la production qui devrait dépasser les 15.000 tonnes réalisées en 2019, détaille le média. Il s’agit principalement de chocolat en barres, en blocs, en plaques (fourrées et non fourrées) et autres confiseries chocolatées.

La production nationale est réalisée par une dizaine d’industriels parmi lesquels la Compagnie chérifienne de chocolaterie (Aiguebelle), Pralinor, Ebbo, Bigor ou encore Pastor. Côté production internationale, on cite Nestlé, Mondelez, Mars, Ferrero et Maruja même si la majorité de leurs produits sont importés.