Rabat-Casa: 52% des usagers insatisfaits des transports publics (enquête)

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Près de la moitié des Marocains se disent insatisfaits des transports publics, selon une enquête réalisée par le groupe Sunergia. Sur l’axe Rabat-Casablanca, d’où sont originaires la majorité des sondés, ils sont également 52% à manifester leur mécontentement. 

Réalisée du 20 janvier au 29 mars 2021 par Marketphone, filiale du groupe Sunergia, la neuvième édition de l’enquête « Market Insights » révèle que 46% des Marocains sont insatisfaits des transports publics, sur un échantillon de 1.017 répondants choisis de façon aléatoire, lit-on ce jour dans L’Economiste. 41% d’entre eux vivent dans la région Centre (Casablanca, Rabat et Béni Mellal) dont 20% de Casa-Settat.

Dans cet axe urbain, ils sont 52% à manifester leur mécontentement, en dépit des mesures d’amélioration mises en place ces dernières années (élargissement du réseau de tramway, renouvellement du parc de bus…). Cette zone centralise l’essentiel des activités économiques qui génèrent le plus de déplacements vers les lieux de travail, souligne le quotidien.

Autre catégorie qui utilise beaucoup les transports publics: les jeunes, qui figurent également parmi les moins satisfaits. 52% des 25-34 ans se disent insatisfaits ou très insatisfaits de ce service, suivis des 35-44 ans (49%) et des 45-54 ans (48%). Composée notamment de retraités, cette catégorie de personnes se déplace peu par rapport aux plus jeunes. Par ailleurs, 49% des femmes sont insatisfaites contre 44% des hommes.

 

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Les catégories socioprofessionnelles A et B, qui utilisent le moins ces transports, sont les plus insatisfaites avec un taux de 58%. Ce résultat s’inscrit dans un contexte d’étalement urbain parallèle à l’insuffisance des transports en commun, provoquant une course à l’équipement automobile, en particulier dans la région de Casablanca-Settat.

Selon les dernières enquêtes, l’usage actuel des transports publics est équivalent à celui des voitures (respectivement 13 et 12%) à Casablanca. Pourtant, 68% des Marocains sont prêts à abandonner leur voiture, « si le système de transport collectif était performant » (enquête sur 23.000 personnes en 2018).

Dans la même veine, les conclusions du récent rapport sur le nouveau modèle de développement mettent en avant les défaillances du système de transports en commun. « Malgré l’adoption et la mise en œuvre depuis 2008 d’une stratégie nationale des déplacements urbains, pilotée par le ministère de l’Intérieur, la plupart des villes restent marquées par la faiblesse des moyens de transports publics sûrs et abordables », soutient le document.

La mise en service d’ici 2022 de nouvelles lignes de tramway (quatre en mode tram et deux sous forme de BHNS) permettra d’inclure davantage de Casablancais des périphéries, avec des conséquences positives sur le budget des ménages, la protection de l’environnement et la fluidité du trafic routier.