Que deviennent les bars pendant le ramadan ?

En baisse d’activité quarante jours avant le mois sacré, les bars se métamorphosent pendant ramadan. Certains ferment complètement et ne rouvrent qu’après la fin du mois sacré, tandis que d’autres se transforment en salon de thé. Une manière également de limiter les pertes et payer moins d’impôts.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe le Maroc au 43e rang des plus gros consommateurs d’alcool au monde et le second en Afrique du Nord, derrière la Tunisie. Ces chiffres, qui résument les liens étroits qu’entretiennent les Marocains avec l’alcool, contrastent avec la consommation des alcools durant le mois sacré. Les commerces vendant l’alcool baissent leurs rideaux définitivement alors que certains bars ne ferment pas tous leurs portes et restent ouverts après le ftour pour servir thé et café à leurs clients.

«Durant le mois de Ramadan, nous nous acclimatons», nous lance d’emblée Houssine, serveur dans un resto-bar au centre-ville de Casablanca. «Nous avons changé l’ancienne décoration qui se basait sur les bouteilles de vin et de whisky. Tout a été caché au sous-sol jusqu’à la fin du mois sacré, mais nous servons des ftours et des boissons chaudes entre temps», ajoute-t-il, assurant que la clientèle du bar continue à affluer à leur point de repère afin d’honorer leurs habitudes et rencontrer leurs amis.

Les bars qui ferment durant le mois sacré usent d’une astuce juridique pour ne pas payer les impôts durant ce mois de l’année. En effet, les propriétaires des bars annoncent qu’ils ferment pour un mois pour effectuer des travaux et en avisent les autorités locales qui leur accordent les autorisations nécessaires. «Les autorisations délivrées par les autorités locales sont avancées par les propriétaires des bars aux directions régionales d’impôts, qui ne comptabilisent pas les périodes de travaux», nous explique le gérant d’un autre bar.

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L’argent coule à flots

Les bars qui ferment durant le ramadan sans en faire part aux autorités payent leurs impôts, comme s’ils travaillaient de manière normale. «Les autorités ne s’attardent pas sur la nature des travaux et ne vérifient pas s’ils sont conséquents ou pas. Ils délivrent l’autorisation et puis c’est fini»,  poursuit notre source.

Pour ce qui est des boites de nuit et des cabarets, le business durant le mois sacré est aussi juteux que pendant les mois ordinaires. Certains cabarets maintiennent leur rythme de travail et leur business se porte bien. En effet, ils organisent des soirées dansantes et augmentent les prix des consommations et le tour est joué, comblant leur déficit.

Chaâbi, rai, khaliji, tous les genres musicaux préférés de leur clientèle sont à l’honneur durant le mois sacré afin de satisfaire tous les goûts et éviter une éventuelle baisse considérable du chiffre d’affaires. Le prix de la chicha augmente en flèche (60 a 130 DH) et celui d’une grande théière (130 DH) équivaut à celui d’une bouteille de vin, tandis que la facture d’une table avec plusieurs boissons énergiques avoisine le prix de la traditionnelle table avec une bouteille de whisky (1400 DH°. Tous les moyens sont bons pour les voyants ne soient pas au rouge !