Projet d’une nouvelle décharge: le spectre d’une catastrophe environnementale plane sur Mohammedia

à 15:45

La Commune de Beni Yakhlef près de Mohammedia s’apprête à accueillir un nouveau site d’enfouissement des déchets dangereux de la station thermique de Mohammedia. Une étude d’impact environnemental et social a été lancée ! Or, les habitants n’ont pas été informés !

Au bord d’une catastrophe écologique depuis des années, la ville de Mohammedia avait besoin de tout sauf un nouveau projet nocif pour son environnement.

En effet, suite à une décision du gouverneur de Mohammedia qui prévoit la mise en place d’une station d’enfouissement des déchets dangereux en provenance de la station thermique de l’ONEE, une étude d’impact environnemental et social a été lancée. Or, l’annonce datée du 9 septembre et paraphée par le président de la Commune de Beni Yakhlef, Said Rafik, n’est pas parvenue à la connaissance des habitants du voisinage.

Alors qu’ils ont un délai de 20 jours pour formuler leurs avis ou soulever des objections à partir du 11 septembre, les citoyens concernés n’ont même pas été mis au courant, s’est indigné le président de la Commune de Beni Yakhlef  dans une déclaration au quotidien Al Massae dans sa livraison du mardi 17 septembre.

Le responsable communal a précisé que le projet qui date de quelques années a été déterré suite à un arrêté du gouverneur et que la demande d’élaboration d’une étude d’impact environnemental émane du ministère de l’Energie et des Mines.

Ne cachant pas son refus catégorique du projet en tant que représentant des habitants, il a signalé que ceux-ci souffrent déjà des répercussions de la décharge existante et qui ne respecte pas les normes et qu’ils n’ont pas besoin d’une autre décharge. D’autant plus, selon lui, que l’emplacement du projet se trouve à proximité de Oued Nfifikh, son embouchure et de la plage des Sablettes.

Selon le responsable, l’approche des autorités n’a rien d’une approche proactive et préventive. Alors que pour la ville de Mohammedia, qui pâtit déjà de la conjonction de plusieurs facteurs de nuisance à l’environnement, un tel projet pourrait aggraver davantage sa situation.

La poussière noire, les déchets boueux charbonneux déversés directement dans la mer ou en amont de l’oued, le noircissement des eaux et du sable des plages de la ville  donnent des sueurs froides aux citoyens. D’après des acteurs associatifs, le tiers des habitants de la ville souffre d’affections respiratoires notamment d’asthme, d’allergie et de toux chronique.