Le programme gouvernemental vu par l'opposition et les syndicats

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Plusieurs parlementaires de l’opposition et d’organisations professionnelles et syndicales ont estimé que le programme gouvernemental, présenté mercredi devant les deux Chambres du Parlement par le chef du gouvernement Saâd Eddine El Othmani, "manque de mesures concrètes et de procédures précises à même de relever les défis du pays sur plusieurs plans".

Dans des déclarations à la MAP, ces parlementaires ont souligné que ce programme s’apparente beaucoup plus à une "déclaration d’intentions" et "ne prévoit aucun agenda précis pour la mis en oeuvre des chantiers annoncés".

Le président du groupe parlementaire du parti authenticité et modernité (PAM) à la Chambre des Conseillers, Aziz Benazzouz a relevé que le programme gouvernemental a été une "grande déception" pour le parti, ajoutant que ce programme marqué par ''les généralités" et ''la rhétorique'', "manque de mesures précises à même de permettre de dépasser les contraintes qui se posent au pays notamment au niveau économique et social".

Le contenu de ce programme, a-t-il dit, "nous place devant un gouvernement qui est une copie du cabinet précédent et dont il représente la continuité", précisant que le PAM a choisi, après les législatives, de se positionner dans l’opposition convaincu en cela que le parti qui a remporté les élections "va poursuivre les mêmes politiques impopulaires".

Le président du groupe parlementaire du PAM à la Chambre des Représentants Mohamed Achror a fait remarquer que le programme gouvernemental "occulte la dimension africaine et régionale", relevant l'absence de tout indicateur augurant d'un changement de la voie empruntée par le précédent gouvernement.

Il a de même pointé du doigt ''la question d'une harmonie (au sein du gouvernement), qui pourrait impacter le rendement de la majorité gouvernementale''.

La coordinatrice du groupe de la Confédération démocratique du travail (CDT) à la Chambre des conseillers, Touria Lahrech a relevé, de son côté, que la dimension sociale n’a pas été déclinée dans le programme gouvernemental comme le souhaitait la centrale syndicale, notamment pour ce qui a trait à la santé et à l’enseignement.

Mme Lahrech a salué toutefois l’appel au dialogue avec les centrales syndicales les plus représentatives lancé par le chef du gouvernement, soulignant toutefois que ce dialogue doit aboutir à des résultats positifs.

Elle a également émis l’espoir de voir le gouvernement actuel réussir dans le traitement des questions sociales.

Quant au chef du groupe de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) à la Chambre des Conseillers, Abdelilah Hafdi, il a pris note de l‘engagement pris par le chef du gouvernement s’agissant de l'élargissement des délais de paiement des entreprises, qui constituait l’une des principales revendications du patronat durant plusieurs années.

Il a également appelé à la mise en œuvre des amendements relatifs au code du travail et à la loi organique relative à la grève, ainsi qu’à plus de flexibilité dans les relations de travail à même de permettre la préservation et la création des emplois.