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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    L’avocat du journaliste Taoufiq Bouachrine, Mohammed Ziane a annoncé ce
    mardi son retrait définitif de sa défense en contestation du refus de la Cour
    d’appel de Casablanca d’accorder la liberté provisoire à son client.

    Le bâtonnier Mohammed Ziane vient de se retirer de la défense de l’ancien
    directeur de publication du quotidien arabophone Akhbar Al Yaoum poursuivi
    en détention pour viol, harcèlement sexuel et traite d’êtres humains.

    «La Cour d’appel a annoncé sa décision de poursuivre Bouachrine en état
    d’arrestation, ce qui va à l’encontre à l’avis du Groupe de travail des Nations unies
    sur la détention arbitraire (GTDA) relevant du Conseil des droits de l’Homme des
    Nations Unies. En tant que qu’ancien ministre des Droits de l’homme et en tant
    que libéral je ne peux pas me permettre d’outrepasser les décisions du Conseil
    des droits de l’Homme des Nations Unies», a-t-il confié à H24info.

    Lire aussi: Document. Affaire Bouachrine: une instance onusienne "compatit à la douleur des plaignantes"

    «L’avis de cet organisme mandaté par l’ONU (paru en février dernier, ndlr) a
    soutenu que le maintien de Taoufiq Bouachrine en détention enlèvera au
    procès sa nature de procès équitable», a-t-il argué en justifiant sa décision.

    «C’est une résolution des Nations Unies, elle n’est pas tombée du ciel. On n’en
    a rien à faire que de l’adopter», a-t-il soutenu. De son point de vue, «les
    intellectuels marocains de tout bord, de gauche et de droite, doivent
    comprendre que quand il y a une décision qui émane d’un Conseil l’ONU, elle doit être
    respectée ».

    « Il peut continuer sans moi »

    Sur l’éventualité d’une révision de sa décision, il a été catégorique : «Ma
    décision est totalement définitive». «Je sais que Taoufiq Bouachrine ne s’est
    pas encore décidé. Je le comprends, il est en prison et il veut garder espoir (…),
    mais je ne peux pas continuer sur un dossier que les Nations Unies considèrent
    qu’il ne serait pas équitable si le prévenu est poursuivi en état d’arrestation»,
    a-t-il indiqué sur un ton désespéré.

    Et d’ajouter: «il peut continuer le procès sans moi comme il peut quitter le procès lui aussi en disant que du moment que le tribunal ne veut pas m’accorder ma liberté alors que les Nations Unies exigent que je sois jugé en liberté, je ne vous fais pas confiance, je quitte la
    sale…».

    Lire aussi: Complot contre la monarchie: la justice tranche en faveur d’El Omari et inculpe Ziane

    A rappeler que le fondateur du quotidien arabophone Akhbar Al Yaoum a été
    arrêté le 23 février 2018. Poursuivi notamment pour viol, harcèlement sexuel et
    traite d’êtres humains, il a été condamné en première instance à 12 ans
    d’emprisonnement et à une amende de 200.000 dirhams. Une résolution du
    Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire a considéré la détention
    de Taoufiq Bouachrine comme «arbitraire».

    Saisi par les avocats des plaignantes, qui ont considéré que son approche au sujet de cette résolution est partiale, le GTDA a affirmé, dans une lettre datée du mercredi 12 juin, avoir pris connaissance des souffrances des victimes. Dans sa lettre, l’organisme onusien a tenu à préciser que sa mission n’est pas de statuer sur l’innocence et la culpabilité de n’importe quel accusé et que son rôle s’inscrit dans la défense du respect des droits de l’Homme et non dans l’immiscion dans la justice pénale.

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