Procès Bouachrine: c'est parti pour les plaidoiries

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Le procès du directeur de publication d’Akhbar Al Yaoum, Taoufik Bouachrine, se poursuit au sein de la Cour d’appel du tribunal de Casablanca. Hier, ont débuté les plaidoiries des avocats, dernière phase avant le verdict.
Durant plus de cinq heures hier soir, le procès de Taoufiq Bouachrine, directeur de publication du quotidien Akhbar Al Yaoum a cristallisé toutes les attentions au tribunal de Casablanca. La première séance a connu de vifs échanges entre les avocats des plaignantes et l’accusé qui a interrompu plusieurs reprises Habib Hajji, avocat des parties civiles.
L’avocat a expliqué lors de sa plaidoirie que Bouachrine est «un criminel sans éthique ni humanité», ce qui a déplu au directeur de publication et l’a poussé à réagir: «Je ne suis pas un monstre et votre acharnement gratuit n’es pas digne d’un avocat. Vous et Mohamed El Hini avez pris l’habitude de m’insulter et me déshonorer devant l’opinion publique». L’altercation a été écourtée par le juge qui a demandé à Bouachrine de respecter les plaidoiries des avocats et de ne pas les interrompre.
Du coté de la défense des plaignantes, l’avocat Benjelloun Touimi a estimé que toutes les preuves présentées au tribunal accusent le directeur de publication. «Pour ce qui est de la traite humaine, cette accusation se justifie par les conditions sociales et économiques de deux de ses victimes», a renchérit l’avocat. Pour lui, Bouachrine connaissait cet élément et en a profité pour abuser sexuellement de ses deux victimes.
La Cour d’appel devrait se pencher sur les plaidoiries des autres parties concernées par le dossier. Après la défense des plaignantes et des parties civiles, suivront celles du parquet avant que la défense de Bouachrine ferma le bal. Cette étape devrait durer près de deux mois avant l’annonce du verdict.