Pr. Marhoum: «On n’est pas à l’abri d’une deuxième vague avec la reprise de l’activité économique»

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Pr. Marhoum, chef de service des maladies infectieuses au CHU Ibn Rochd, à Casablanca.

Les bilans quotidiens actuels dépassent la centaine de cas positifs au covid-19. 431 nouveaux cas de coronavirus ont été détectés au Maroc hier soir au cours des dernières 24H. Doit-on craindre l’apparition d’une deuxième vague? Réponse avec Pr. Marhoum, chef de service des maladies infectieuses au CHU Ibn Rochd de Casablanca.

Comment expliquer les centaines de cas positifs révélés quotidiennement?

Pr. Marhoum: C’est tout à fait prévisible d’avoir un nombre de cas assez impressionnant car d’une part on fait beaucoup de tests, et d’autre part, ils sont ciblés sur des usines et entreprises, donc des lieux de forte concentration de personnes. Ce n’est donc pas étonnant que quand il a des cas, il n’y en a pas qu’un ou deux. Ce qui est toujours plutôt rassurant, c’est qu’on tombe toujours sur des cas asymptomatiques, ça nous permet de les prendre en charge plus facilement que des cas à symptômes ou graves. On arrive à les détecter, les isoler et les traiter beaucoup plus simplement, et même à les traiter en groupe, donc c’est plus simple à prendre en charge. L’apparition de ces foyers peut déboucher sur un confinement géographique comme à Kénitra. C’est toujours mieux que de confiner tout un pays. Il faut se dire qu’on va vivre avec ce virus pendant un certain temps.

 

Doit-on craindre l’apparition d’une deuxième vague? 

Pour le moment, la situation n’est pas inquiétante car ce ne sont pas des cas dispersés. Mais on n’est pas à l’abri d’une deuxième vague, car on a augmenté le nombre de tests, on a ouvert les usines, l’activité économique reprend, donc ce ne serait pas étonnant. Il faut rester vigilant et être prêt à détecter. Si on prenait du retard à détecter, ce serait mauvais. Il faut détecter rapidement pour pouvoir prendre les mesures qui s’imposent rapidement et empêcher la diffusion du virus partout dans la communauté. L’apparition d’une deuxième vague dépend premièrement de l’efficacité de cette stratégie d’aller chercher les cas de façon systématique et partout, et deuxièmement de l’adhésion des citoyens aux différentes mesures de prévention.