Pour Tebboune, la défense du Polisario est «presque dogmatique»

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Dans une interview accordée au quotidien français L’Opinion, le président algérien Abdelmadjid Tebboune affirme que la défense de la RASD est «presque dogmatique». Le président algérien fustige également le projet marocain de construction d’une base militaire non loin de la frontière algérienne. 

«Nous avons toujours soutenu les mouvements indépendantistes comme celui du Timor Est. C’est presque dogmatique. Nous aidons les peuples à exprimer leurs revendications», a déclaré le président algérien Abdelmadjid Tebboune dans une interview accordé au quotidien L’Opinion dans son édition du lundi 13 juillet.

Le président Tebboune affirme que pour le Maroc «la République arabe sahraouie est de trop sur l’échiquier international». Selon lui, c’est à Rabat «d’engager le dialogue avec le Polisario» et si les «Sahraouis acceptent leurs propositions, (nous) applaudirons», poursuit-il.

Interrogé sur les tensions entre Rabat et Alger, le président algérien affirme qu’il «y a toujours eu une surenchère verbale et politique entre (nos) pays». Et bien que «nos peuples sont frères et se ressemblent», en plus d’avoir «une longue histoire commune», «nous sommes condamnés à vivre ensemble», poursuit-il.

«En ce qui nous concerne, nous n’avons aucun problème avec le Maroc et sommes concentrés sur le développement de notre pays», explique Tebboune, affirmant que «(nos) frères marocains ne semblent pas être dans le même état d’esprit».

 

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Le président Tebboune revient également sur le projet marocain de construction d’une caserne à Jerada, non loin de la frontière algérienne. «La construction de bases militaires à nos frontières est une forme d’escalade qui doit s’arrêter», a-t-il déclaré.

Pour rappel, le Maroc a annoncé il y a quelques mois, la construction d’une caserne destinée à accueillir les militaires dans la région de l’Oriental, à Jerada, soit à seulement 37 kilomètres de la frontière algérienne. La riposte algérienne ne s’est pas fait attendre, avec l’annonce, fin juin, de la construction d’une base militaire « stratégique et importante » à la frontière ouest du pays, près de la frontière avec le Maroc.

Les médias locaux expliquent qu’il s’agit d’une «réponse des autorités algériennes à la décision du Maroc». Au passage, les autorités algériennes accusent le Maroc «d’espionnage», «mené avec l’aide des Israéliens», car selon eux cette base militaire est destinée à accueillir des structures d’espionnage électronique. Des accusations démenties plus tard par les autorités marocaines.