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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Entre Israël et le Maroc, Benina Elisbeth a vite fait son choix. Un non-choix en réalité qui s’est avéré être la «meilleure décision de sa vie». De confession juive, Benina s’est donnée pour mission de faire connaître l’héritage juif oublié du sud-est marocain, tout en venant en aide à la population locale.

    Benina Elisabeth Verstraete, alias Hayat est arrivée au Maroc, il y a cinq ans, avec deux valises seulement. Cette Belge de la région Flamande ne pensait pas un instant s’installer au royaume. De confession juive, Benina Elisabeth pensait plutôt vivre en Israël, où elle se rendait chaque année avec son mari pour les vacances estivales.

    En 2016, Benina Elisabeth perd le grand amour de sa vie, Danny, après 36 ans de vie commune. Endeuillée, elle pensa à quitter la Belgique, où elle ne s’est  jamais sentie chez elle, nous confie-t-elle. Après un court séjour en Israël et de retour en Belgique, Benina Elisabeth cherche une nouvelle destination. Elle tombe sur une vidéo tournée dans la ville d’Ouarzazate. Quelques jours plus tard, elle s’y rend pour la première fois et «tombe amoureuse de la région», souligne-t-elle.

    Le grand rêve de Benina Elisabeth était d’ouvrir une maison d’hôtes en Israël. Manque de moyens financiers, elle laissa de côté ce projet. Par coïncidence, elle aura connaissance au cours de son voyage au Maroc, qu’un Bed & breakfast était en vente et que la propriétaire était aussi Flamande.

    Benina Elisabeth./DR

    «Cela m’a mis en confiance. J’ai pris contact avec la propriétaire et nous sommes convenus d’un rendez-vous… tout s’est passé très vite», nous explique-t-elle. Six semaines plus tard, Benina Élisabeth vend sa propriété belge et réserve un billet pour Agadir. «Le 4 septembre 2016, j’ai atterri à Agadir avec 2 valises et plein d’espoir», poursuit-elle.

    Une fois au Maroc, elle fait la rencontre d’Abdelkrim qui a été «d’un grand soutien et d’une grande aide». Avec son aide, Benina Elisabeth prépare tous les papiers administratifs et se rend pour la première fois à Kelaat M’gouna. «Lorsqu’on s’est enfoncés dans les canyons géants parsemés d’oasis et de verdure, j’ai immédiatement su que j’étais à ma place», se remémore Benina Elisabeth.

    Vue depuis la maison d’hôtes Hayat à Kelaat M’gouna./DR

    «Sans hésitation, j’ai acheté cette propriété et j’ai travaillé avec de nombreux hommes durant sept longs mois pour embellir ma maison d’hôtes», explique-t-elle. Une tâche loin d’être facile, à laquelle s’est ajouté en plus la pression familiale. «Ma fille et ma famille ne comprenaient pas pourquoi je voulais m’installer au Maroc, dans un pays musulman en plus», nous confie Benina Elisabeth.

    Cinq ans se sont écoulés depuis et «je ne regrette pas mon choix, cela a fait de moi une meilleure personne et je crois et je sais que Dieu a toujours été avec moi», affirme Benina Elisabeth.

    Tolérance, entraide et partage

    Hayat, «la vie», est le nom donné choisi par Benina pour sa maison d’hôtes perchée à 1650 mètres d’altitude. À l’entrée, une étoile de David en zellige est placée sur le sol et un grand papillon bleu trône su le mur. «L’étoile représente mes racines et le papillon ma transformation et cette folle aventure qu’est pour moi le Maroc», nous explique Benina Elisabeth.

    L’étoile de David au niveau du hall d’entrée./DR

    Sobre et sans prétention, la maison d’hôte Hayat charme les touristes tout au long de l’année. Mais ils ne sont pas les seuls à se rendre chez Benina Elisabeth. Infirmière de formation, sa porte est grande ouverte à tous les habitants des villages voisins. «La vallée des roses, Kelaat M’gouna, est l’une des plus belles régions au Maroc, mais aussi l’une des plus pauvres, il y a très peu de médecins ici et je tente d’aider comme je peux», explique-t-elle.

    Avec la crise sanitaire du Covid-19, Benina Elisabeth a prêté main-forte aux professionnels de santé dans la région, en pratiquant des consultations et en sensibilisant à cette maladie encore nouvelle.

    Benina Elisabeth a été d’une grande durant la crise du Covid-19./DR

    Grâce à l’aide et la générosité d’amis en Belgique et aux Pays-Bas, Benina Elisabeth distribue régulièrement  médicaments, vêtements et aides alimentaires aux familles dans les villages voisins, à Skoura ou encore Taghia. «Je m’y rends toujours moi-même… le contact avec les gens est très important pour moi. J’ai appris et j’apprends toujours énormément de ces familles amazighes pour la plupart. Ils sont si pauvres, mais si riches de cœur et leur foi est si grande», explique avec émotion Benina Elisabeth.

    «Les enfants sont souvent si petits surtout en hiver. J’essaye de leur apporter une aide, surtout durant la période du mois de Ramadan (…) voir grandir ces adorables enfants est une bénédiction», poursuit Benina Elisabeth, surnommée par les habitants Hayat.

    Benina Elisabeth se sent avant tout Marocaine et se dit prête «à mourir pour le Maroc, ce pays qui lui a tellement donné». Aujourd’hui, Hayat s’est lancé dans une autre aventure pour pouvoir elle aussi donner en retour. «Mon dernier jeune projet où je m’investis corps et âme est ma page dédiée à l’héritage juif marocain oublié du sud-est», explique-t-elle.

    Le cimetière juif de la communauté de Tiylit./Crédits: Benina Elisabeth

    «Le Maroc est une terre de paix où ont cohabité différentes communautés religieuses, comme en témoignent les nombreuses synagogues et cimetières juifs». D’ailleurs, «de nombreux juifs marocains visitent ces lieux et vont Fès, Casablanca ou encore Essaouira, mais ne se rendent presque jamais à Kelaat M’Gouna», affirme Benina Elisabeth. Pourtant cette région regorge d’histoire, que les villageois racontent volontiers, poursuit-elle.

    Crédits: Benina Elisabeth

    Benina Elisabeth répertorie ces trésors cachés sur sa page. «Je suis toujours aussi émue et touchée lorsque je me rends à une synagogue ou à un cimetière», raconte-t-elle. Les partager et leur donner plus de visibilité pourrait également aider à leur restauration, car souvent ces endroits ont été négligés, se lamente-t-elle. Hayat espère qu’une vie soit redonnée à ces endroits souvent pluricentenaires et continuera à partager ces trouvailles sur sa page.

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