Statut de Jérusalem: le Parlement condamne fermement la décision de Trump

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Le parlement marocain a exprimé, lundi, sa ferme condamnation de la décision de l’administration américaine de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem, estimant que cette décision porte atteinte à la légitimité internationale et complique la situation dans la région.

Les deux Chambres du parlement ont souligné lors d’une séance commune marquée par la présence du Chef du gouvernement, Saad Eddine El Othmani, de plusieurs ministres et de l’ambassadeur de Palestine à Rabat, Jamal Choubk, la gravité de cette décision qui porte atteinte aux efforts internationaux œuvrant en faveur de la paix, exprimant leur refus total de la politique de judaïsation de Jérusalem.

Ils ont, ainsi, salué les efforts déployés du roi Mohammed VI, Président du Comité Al Qods, pour empêcher la prise de cette décision depuis que l’administration américaine a exprimé son intention de transférer son ambassade à Jérusalem, renouvelant leur soutien indéfectible et leur solidarité inconditionnelle au peuple palestinien dans sa lutte pour établir son État indépendant avec comme capitale « Al Qods Al Charif ».

A cette occasion, le président de la Chambre des représentants, Habib El Malki a indiqué qu’il ne s’agit pas d’une décision diplomatique souveraine des Etats-Unis mais d’une décision qui touche la question palestinienne, les droits du peuple palestinien et les droits religieux et les sacralités des musulmans et chrétiens à Jérusalem.

Cette décision, qui intervient suite au 100e anniversaire de la déclaration de Balfour et à la célébration de la journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien démontre que l’administration américaine ne prend pas au sérieux les résolutions des Nations Unies, le droit international et la légitimité internationale, a-t-il relevé, notant que cette décision n’a aucune légitimité ou crédibilité et encourage les responsables israéliens à transgresser les lois.

Cette décision tue tout espoir de paix dans la région du Moyen-Orient et montre que les Etats Unis ne sont pas qualifiés à jouer le rôle du protecteur de paix, a-t-il estimé, précisant que cette décision fait des USA un ennemi et non pas un arbitre dans les négociations de paix entre la Palestine et Israël.

El Malki a également fait savoir que le parlement marocain abritera, jeudi prochain, un sommet des présidents des parlements arabes pour examiner les évolutions inquiétantes de cette décision portant atteinte à Jérusalem et aux droits constants du peuple palestinien ami.

De son côté, le président de la Chambre des Conseillers, Hakim Benchamach a passé en revue les positions de certains Etats vis-à-vis de l’occupation de Jérusalem depuis 1967 mettant en exergue le statut particulier de la ville et les résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies et du Conseil de Sécurité qui appellent à annuler les mesures prises par Israël pour changer la situation à Jérusalem.

Il a, de même, rappelé le message adressé par le Roi Mohammed VI au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Antonio Guterres, dans lequel le souverain a souligné que « Toute atteinte au statut juridique et historique reconnu d’Al Qods, risque de renvoyer la question dans l’imbroglio des conflits religieux et confessionnels, et entamer les efforts internationaux visant à créer les conditions propices à la relance des pourparlers de paix. Elle risque également d’attiser la tension, hypothéquer les chances de paix et accentuer la violence et l’extrémisme ».

Il a, aussi, salué l’engagement du peuple marocain à travers l’organisation d’une marche de solidarité avec le peuple palestinien en protestation contre la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme Capitale d’Israël, relevant que le Maroc n’épargnera aucun effort pour la défense de cette question vitale et refuse absolument toute atteinte au statut de cette ville.

Pour leur part, les groupes parlementaires des deux Chambres ont souligné que Jérusalem  a été et restera à jamais la capitale de la Palestine, notant que la question palestinienne constitue pour les Marocains une cause nationale qui n’accepte que la résolution équitable sans alignement.

Ils ont, ainsi, demandé à ce que l’une des salles de la Chambre des représentants porte le nom d' »Al Qods », tout en mettant en avant les réalisations de l’Agence « Bayt Mal Al Qods ».