Ramid qualifie les homosexuels de "détritus" et provoque l'ire de la société civile

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En marge d'une récente réunion du CNDH sur les mécanismes de prévention de la torture, Mustapha Ramid a qualifié les homosexuels de "détritus". Un propos qui n'a pas été du goût des associations de défense des Droits de l'Homme. 

"Trop c'est trop. Tout le monde donne de l'importance à cette homosexualité et veut en parler. Ces gens-là sont des détritus", a lancé Mustapha Ramid, ministre chargé des Droits de l'Homme le 28 septembre à Rabat suite à une réunion sur les mécanismes de prévention de la torture organisée par le CNDH. Le ministre PJD répondait à la question d'un journaliste sur les raisons derrière le maintien des réserves par le Maroc sur les libertés sexuelles auprès de l'ONU.

Mustapha Ramid, connu pour ses sorties hostiles aux libertés individuelles, a suscité de vives réactions des associations de défense des Droits humains qui ont vivement critiqué ses propos. Dans une lettre-pétition signée par 154 organismes dont les groupes Asswat et Aqaliyat, spécialisés dans la défense des libertés sexuelles, ces dernier ont vivement critiqué le ministre, réclamant au parquet l'ouverture d'une enquête sur les déclarations de Ramid, qualifiées de "non constitutionnelles, allant à l'encontre des principes des Droits de l'Homme et discriminatoires".

Par ailleurs, une autre lettre a été envoyée au chef du gouvernement Saad Eddine El Othmani par l'Organisation marocaine des Droits de l'Homme (OMDH), la fondation Ait Eljid contre la violence, le Forum national pour la vérité et l'équité ainsi que l'association des alternatives du Maroc. Ces organismes qualifient Ramid de "ministre du courant islamiste",  et estiment que sa déclaration "ne respecte pas les dispositions de la constitution de 2011". Les mêmes ONG en appelle le roi, "chef de l'Etat, à pratiquer ses prérogatives constitutionnelles pour protéger les Droits et les libertés".