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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Un calme inhabituel règne dans la capitale depuis le début de la campagne électorale, il y a une semaine, en vue des élections législatives, régionales et communales du 8 septembre.

    Totalement différente de ses précédentes, la campagne électorale à Rabat n’est pas du tout fébrile. Alors que les méga rassemblements et les cortèges des candidats sont désormais quasiment des histoires anciennes. A quelques jours du scrutin, la vie suit son cours normal dans les différents quartiers, à part quelques groupes éparpillés de partisans qui sont en train de distribuer des flyers de candidats en lice pour le scrutin.

    Formant seulement dix éléments chacun conformément aux restrictions imposées par les autorités sur fond de pandémie, ces groupes sillonnent à pied les quartiers et les ruelles de leurs circonscriptions électorales, pour faire la promotion des programmes politiques de leurs candidats.

    Aussi, des affiches suspendues, des banderoles de différentes tailles et couleurs ornent les façades de quelques maisons et immeubles, tandis que des garages et des boutiques, sont convertis en points de rassemblement des jeunes collaborateurs, reconnaissables grâce à leurs gilets. Ce constat est surtout valable pour les quartiers populaires de la ville, alors que dans ceux aisés, d’autres formes d’expression politique prédominent. Considérés longtemps comme « réservoir électoral », les habitants des quartiers populaires ont affiché un certain enthousiasme pour les prochaines échéances, en espérant un changement dans le sens de l’amélioration de leurs conditions de vie.

     

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    Approché par la MAP, Zakaria Bensoufiane, qui habite dans le quartier Yaâcoub Al Mansour, a estimé que la campagne électorale se déploie généralement de façon normale, mais elle n’est pas comme ses précédentes à cause de la situation épidémiologique. « En tant que jeune, je pense qu’il est grand temps de cibler avant tout les jeunes par des programmes réalistes et applicables. La priorité doit être la restauration de la confiance dans la politique et dans les élus », a-t-il lancé.

    Course sur les réseaux

    « Chaque campagne se fixe au moins un objectif, celui de convaincre les citoyens à aller voter, » a-t-il rappelé, soulignant que « son message aux électeurs est de faire connaître un certain nombre de mesures et d’actions de réforme à mettre en œuvre, en quête du changement espéré ».

    Boucher de profession au douar Rjaf Lah, Derras Azzouz a fait observer, dans une déclaration similaire, qu’il assiste « à une bonne campagne électorale, plutôt bien organisée et qui se déroule dans le calme », notant qu’il n’y a pas de foules comme dans les années précédentes et la distanciation physique est respectée à cause de la Covid-19.

    « Tous les habitants de mon quartier que je connais voteront lors des prochaines élections », a-t-il affirmé, ajoutant que son message aux citoyens est d’aller voter et choisir la bonne personne pour servir l’intérêt général.

    Par ailleurs, cette ambiance « froide » n’a pas droit de cité dans les réseaux sociaux, où les ténors des partis engagés dans la course électorale multiplient les sorties sur Facebook, Twitter et autres plateformes ainsi que sur les pages web des sites électroniques d’achat, trouvant même écho chez les sites d’informations digitales.

    De l’avis de Rachid Labkar, professeur à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Salé, la campagne électorale à Rabat, à l’instar des autres villes du Royaume, se déroule dans une ambiance « froide », avec « encore moins d’enthousiasme et de fébrilité ». Selon lui, c’est une campagne qui « ne reflète pas la réalité de l’importance de cette échéance » et ce, à cause de plusieurs facteurs dont la saison estivale.

     

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    « Les réseaux sociaux ont changé la donne, étant donné que la chaleur des débats est passée du face-à-face au digital », a-t-il déclaré à la MAP, ajoutant que la Covid-19 est la principale cause de la « régression » de la campagne électorale. Quant au taux de participation, l’universitaire estime qu’il demeure un enjeu des prochaines élections, relevant à cet égard que celles-ci sont aussi l’occasion de dresse un bilan de l’action gouvernementale et de la gestion des collectivités territoriales.

    De l’avis des observateurs, cette course acharnée où les rivaux cherchent à se procurer des sièges à tout prix ne sera pas assez clémente pour tous. Si le quotient électoral intervient, ainsi, comme un mécanisme régulateur de l’opération électorale, la campagne en présentiel, quant à elle, a perdu du terrain au profit du virtuel où la capacité de séduction possède ses propres règles de l’art.

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