Rabat: Freedom Now contourne l'interdiction de sa conférence

à 16:00

L'association de défense de la liberté d'expression et de la presse Freedom Now - que la Wilaya de Rabat a refusé d'enregistrer à plusieurs reprises-  a organisé le 10 juillet une conférence sur "la liberté de la presse: 3 ans sous l'ombre de la Constitution" au Club des avocats. 
 
Des pressions sur le Club des avocats
Seulement, les autorités de Rabat ne l'entendaient pas de cette oreille. "Le jour même de la conférence, vers 13h, les avocats qui nous ont souvent prêté leurs locaux pour des conférences nous ont fait savoir que les autorités avaient fait pression pour que le club n'abrite pas de conférence organisée par une association soi-disant interdite", nous explique Maati Monjib, historien et membre du bureau exécutif de Freedom Now.

"Les autorités ont mis nos téléphones sur écoute"
Malgré cette contrainte, Freedom Now a déplacé l'évènement au siège du bureau central de l'AMDH, mais s'est heurté une fois de plus aux autorités. "Nous avons décidé d'envoyer 4 personnes au club des avocats pour reconduire les gens sur le nouveau lieu de la conférence. Mais à 22h la rue du Club des avocats était fermée, et les forces de l'ordre encerclaient le quartier. Tout le monde s'est vu interdire l'accès à la rue en question. Et ceux qui y résidaient devaient absolument le prouver " s'indigne Maati Monjib. "Les autorités ont mis nos téléphones sur écoute", conclut-il. 
 
Finalement, la conférence s'est quand même déroulée au siège de l'AMDH. "On a eu très chaud parce qu'il y avait beaucoup de monde, mais ce n'est pas grave", ironise l'historien.
 
En mai dernier, déjà, Freedom Now avait dénoncé les refus répétés de la  Wilaya de Rabat d'enregistrer le dossier juridique de l'association dont l'assemblée générale constitutive s’était tenue le 25 avril 2013. Son bureau exécutif rassemble des journalistes et militants des droits de l'homme, à l'image d'Ali Anouzla, l'ancien directeur du site arabophone Lakome, actuellement poursuivi pour "apologie du terrorisme".
L'ancienne présidente de l'AMDH Khadija Riadi, l'avocat Mohamed Messaoudi et Maati Monjib sont également membres du bureau de l'association.