Le PPS et le MP vont-ils quitter le gouvernement?

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Le PPS et le MP sont les deux partis les plus touchés par l’onde de choc du «séisme politique» qui a frappé mardi 24 octobre à l’issue de la présentation du rapport de la Cour des comptes sur le programme Al Hoceima Manarat al Moutawasit.

Ces deux formations se préparent désormais à réagir à la décision du roi, mardi, de sanctionner 9 ministres: 4 qui étaient en fonction dans le gouvernement El Othmani et 5 qui faisaient partie du gouvernement Benkirane.

Parmi eux, trois ministres PPS sont concernés: Nabil Benabdallah, ministre du Logement, de l’Urbanisme et de la Politique de la Ville et secrétaire général du parti et Houcine El Ouardi, ministre de la Santé, ainsi que Amine Sbihi, ancien ministre de la Culture.

Du côté du MP, les quatre ministres sont: Mohamed Hassad, ministre de l’Intérieur à l’époque des faits liés au programme Manarat al Moutawasit lancé en 2015, Lahcen Sekkouri, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Hakima El Haité, ancienne secrétaire d’Etat à l’Environnement, ainsi que Lahcen Haddad, ancien ministre du Tourisme qui pour sa part a quitté le MP pour l’Istiqlal.

«Puisque les dirigeants de ces deux partis ont été révoqués, ils sont privés d’assumer des responsabilités au même titre que les anciens ministres blâmés par le roi. Par conséquent, d’un point de vue politique et éthique, ils sont tenus de retirer leurs formations du gouvernement», souligne le politologue Mohammed Darif. Pour ce dernier, le retrait du PPS et du MP de la majorité gouvernementale sera la seule manière pour ces partis de donner sens au discours du roi liant responsabilité et reddition des comptes.

Darif va même jusqu’à estimer que Nabil Benabdallah doit présenter sa démission du secrétariat général du parti. Dans ce sens, c’est le PPS qui sera le plus secoué en interne par le «séisme politique».

Contactés à ce sujet par H24Info, plusieurs membres du PPS ont déclaré attendre que les instances de leur parti se réunissent ce soir pour discuter de la question.

Un cadre du PPS ayant requis l’anonymat tient à nous préciser: «la situation politique au Maroc ne satisfait personne, tout le monde en est conscient. Nous ne sommes pas les seuls, mais tous les partis politiques sont concernés par cette nouvelle étape politique que vit le Maroc et la réhabilitation de l’action politique pour que les partis soient à la hauteur des grands projets initiés par le Maroc».

Par ailleurs, si ces deux partis quittent le gouvernement, nous ne serons pas seulement face à un simple remaniement ministériel, mais on aura droit à une nouvelle majorité gouvernementale, explique Darif, soulignant qu’un autre parti devrait probablement rejoindre la majorité et hériter des portefeuilles ministériels vacants actuellement. Selon lui, l’Istiqlal, fort d’une nouvelle direction, et connaissant très bien les arcanes du pouvoir, est bien placé pour figurer dans le gouvernement Othmani 2.