Politique économique: le coup de gueule d’Anfass

à 16:15

Anfass, association politique créée 2013, vient de publier un document pour conclure «une série de travaux, de propositions et d’exposés».
Dans le rapport en question, le mouvement de gauche note que le Maroc a eu recours à différentes politiques économiques depuis l’indépendance, alternant dirigisme étatique et interventionnisme, mais «tendanciellement en faveur du développement du secteur privé».

En appelant a un débat national sur la richesse, le mouvement rappelle que pratiquement un jeune sur cinq est au chômage, quatre chômeurs sur cinq vivent dans le milieu urbain et deux chômeurs sur trois sont en chômage plus qu’un an.
Des chiffres qui méritent réflexion et «traduisent clairement l’échec d’une nation à intégrer ses jeunes dans un cercle vertueux, d’épanouissement et de vie décente. Ces jeunes s’ajoutent à la casse sociale que connaît le pays, entre précarité sociale et abandon de l’Etat». Conclusion: «La lutte contre le chômage en général et celui des jeunes en particulier doit constituer une priorité nationale».

Le rapport propose de passer «des politiques des limites aux politiques des possibles». Dans le détail, la subvention étatique est clairement pointée du doigt. «Les promoteurs immobiliers réalisent des programmes de “logement social” et font que ces opérateurs brassent un résultat net dépassant les 40%», peut-on lire sur le document. De plus, la hausse des salaires de 600dh par mois en faveur des fonctionnaires (environ 900.000) du secteur public en 2011, est comparée à «un achat de paix sociale contre l’adhésion des syndicats aux marches du 20 Février».
Enfin, Anfass pense que l’Etat est «capable d’augmenter ses sources de financement de manière substantielle et d’une manière équitable. Le potentiel d’augmentation des recettes fiscales et des recettes des cotisations sociales s’évalue à 10% du PIB. Cette augmentation est une nécessité et doit être affectée aux secteurs sociaux».