Ilyas El Omari, « homme providentiel » ou « revenant » qui discrédite le PAM?

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L’annonce du come-back d’Ilyas El Omari, qui signifie un retour à la case départ pour le PAM, ne fait pas que des heureux.

Au sein de la formation du tracteur, des ténors ont manifesté leur mécontentement. Abdelatif El Ouahbi, membre du bureau politique, avait auparavant menacé de quitter le parti si El Omari revenait. Et après l’annonce de dimanche dernier, l’homme s’est dit confus: «Il me faut du temps pour comprendre ce qui arrive au PAM», a-t-il déclaré à la presse.

Quant à Ali Belhaj, cofondateur du parti, il a qualifié la volte-face d’El Omari de «pathétique, comique, si ce n’était tragique». «Un si beau projet pour lequel j’ai sacrifié mon propre parti, détourné par un clan qui ne comprend même pas ce que veut dire le mot éthique. Un véritable hold-up en complète contradiction avec le discours de Sa Majesté», a-t-il écrit sur sa page Facebook.

Très triste pour ce qui se passe au pam.Ce parti, qui est porteur d'un projet fondamental pour la vie politique au…

Publiée par Ali Belhaj sur Dimanche 22 octobre 2017

Mais, pour Aziz Chahir, le retour d’Ilyas El Omari, à l’instar de l’annonce de sa démission, est un non-événement. «El Omari n’a jamais été dans une posture de partant», souligne le politologue, ajoutant: «le nom d’El Omari sera associé éternellement au PAM. Qu’il soit dans le parti ou en dehors, le PAM dans son ADN politique porte la marque Ilyas El Omari. Cette figure est tellement influente, omnipotente, qu’elle a écrasé les brides de concurrence au sein du parti, et écrasé les tendances et les courants qui s’opposaient à sa gestion du parti».

Selon lui, la centralisation du pouvoir entre les mains d’El Omari, « qui a réduit au maximum les valeurs, les principes, les compétences, la collectivité, la collégialité, la concertation, etc., impacte le cheminement démocratique du parti et le discrédite».

En parallèle, le PJD prépare le retour d’Abdellah Benkirane pour un troisième mandat à la tête du parti. Là encore, pour l’auteur de Qui gouverne le Maroc?, c’est le signe que la société politique marocaine est « focalisée sur les personnes », sur la figure de « l’homme providentiel » et non sur une posture institutionnelle et politique. « La centralisation de la décision dans les partis politiques est un microcosme qui traduit le mode de pouvoir tel qu’il est pratiqué par le pouvoir central au Maroc », conclut-il.