Élections: les lois organiques définitivement adoptées, le PJD saisit la Cour constitutionnelle

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C’est fait. La Chambre des conseillers vient d’adopter aujourd’hui à la majorité des voix en séance plénière les quatre projets de lois organiques relatifs à la Chambre des représentants, à la Chambre des conseillers et à l’élection des membres des conseils des collectivités territoriales, et à l’unanimité, le projet de loi organique relatif aux partis politiques.

N’ayant subi aucun amendement, l’ensemble des textes ne reviendra donc pas à la première Chambre et se voit ainsi adopté définitivement. Une situation qui ne plait pas du tout au PJD qui a organisé aujourd’hui une conférence de presse tenue par les deux présidents de ses groupes parlementaires.

Pour ces derniers, les mesures prévues dans textes de loi adoptés sont de nature à porter préjudice « à l’expérience démocratique nationale ». En effet, la nouvelle répartition des sièges en prenant en considération la suppression du seuil électoral aboutira à une balkanisation des différents Conseils communaux et ruraux rendant très difficile, voire impossible de constituer une majorité.

« Si l’en prend comme exemple la Commune d’El Jadida. Selon les résultats des élections de 2015, cinq partis gèrent la ville avec toutes les difficultés qu’on connaît, mais si l’on applique les nouvelles règles aux mêmes résultats de 2015, nous aurons 14 partis dans le Conseil. Bonne chance pour trouver un terrain d’entente ! », déplore Nabil Chikhi, président du groupe parlementaire PJDiste à la Chambre des Conseillers.

Et cela concerne plusieurs collectivités qui verront le nombre des partis siégeant passer de 3 ou 4 à plus d’une dizaine affirme Chikhi, preuve à l’appui.

Sauf que malgré les amendements qui ont été proposés par le PJD, tous les autres partis, majorité et opposition, se rangeront d’un seul côté face au parti de la lampe, rendant définitive l’adoption des différents textes de loi durant la séance plénière à la Deuxième Chambre.

 

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Qu’à cela ne tienne ! Le PJD annonce d’ores et déjà qu’il portera le dossier devant la Cour constitutionnelle afin qu’elle relève les manquements « constitutionnels, démocratiques et éthiques » à ces textes.

La formation politique ira-t-elle jusqu’à boycotter les prochaines échéances si elle n’obtient pas gain de cause ? « Nous respectons énormément le travail de la Cour constitutionnelle et croyons aux institutions de notre pays. La question de participer ou pas est beaucoup trop importante pour être lancée à la légère et il faut une concertation avec l’ensemble des instances dirigeantes du parti avant de pouvoir nous prononcer », affirme Mustapha Ibrahimi, président du groupe parlementaire à la Première Chambre.

Il n’empêche que l’adoption de ces textes dans leur forme actuelle inflige un nouveau camouflet à un parti en proie à une crise interne sans précédent, dont le dernier épisode concerne le gel de l’adhésion de l’ex-numéro 1, Abdelilah Benkirane.