Aujjar: « une politique pénale flexible a été adoptée à Al Hoceima »

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Le droit de rassemblement pacifique a été respecté par les autorités publiques lors des manifestations d’Al-Hoceïma, a affirmé, mardi au Parlement, le ministre de la Justice Mohamed Aujjar.

« Le traitement qu’ont réservé les autorités publiques à ces incidents constitue une preuve de l’adoption d’une politique pénale flexible, d’une interaction positive avec les revendications légitimes des habitants de la province et d’une politique de communication efficace avec la société civile, les élus et l’ensemble des citoyens pour trouver des solutions efficientes aux problématiques de développement dans la région ».

C’est en ces termes que le ministre de la Justice, Mohamed Aujjar a répondu à des questions orales à la Chambre des représentants relatives aux poursuites judiciaires engagées à l’encontre de certaines personnes, suite aux incidents qui se sont produits dans la province d’Al-Hoceïma.

Aujjar a souligné, dans des propos relayés par l’agence MAP, que le gouvernement « s’engage à respecter et protéger les droits et libertés des individus, tels qu’ils sont énoncés dans la Constitution, et les conventions internationales ratifiées par le Royaume, en particulier le droit au rassemblement pacifique ».

Toutefois, le ministre a exprimé son regret de voir ces « manifestations sortir parfois du cadre pacifique et dégénérer, sous l’incitation de certains éléments ayant des objectifs suspects et douteux, ce qui a exacerbé la situation et causé des actes répréhensibles par la loi ayant endommagé de manière considérable les biens publics et privés et porté préjudice à l’intégrité physique des forces de l’ordre », ajoute l’agence officielle.

« Devant une telle situation, les autorités compétentes ont l’obligation d’assumer leur devoir d’intervention pour protéger les biens et les personnes et faire respecter la loi et les institutions afin de garantir la sécurité et la stabilité », a-t-il dit.

Le  ministre a rappelé que « plusieurs personnes soupçonnées d’être impliquées dans les actes précitées ont été interpellées, ajoutant que la police judiciaire, sous la supervision directe de Parquet, a mené les investigations nécessaires et pris à leur encontre les dispositions qui s’imposent, en vertu de la loi. »

Rappelons que des dizaines de personnes ont été arrêtées depuis une dizaines de jours à Al Hoceima et ses environs, dont le leader du mouvement de contestation du Rif Nasser Zefzafi. De nombreux acteurs de la société civile, partis politiques ainsi que des militants des droits de l’Homme réclament la libération des détenus d’Al Hoceima, qu’ils qualifient de « prisonniers politiques ».