Après la marche pour Al Hoceima, les partis politiques se renvoient la balle

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Au lendemain de la marche nationale de solidarité au Hirak organisée dimanche à Rabat, les partis politiques, qu’ils soient de l’opposition ou de la majorité, se renvoient la responsabilité. Entre ceux qui ont participé à la marche de dimanche à Rabat et ceux qui l’ont suivie de près, les politiques y vont chacun de leur analyse.

L’Istiqlal, parti de l’opposition qui avait auparavant appelé à la libération des détenus du Hirak et exprimé sa solidarité totale avec les manifestations d’Al Hoceima, a publié un communiqué lundi où il fustige le gouvernement.

«L’Etat ne rate pas une occasion pour prendre pour cible les populations et faire régresser les forces du changement démocratique et les dépouiller de leur acquis», lit-on dans le document qui critique «l’approche sécuritaire makhzenienne adoptée face à la hausse du ton des manifestations».

A contrario, du côté la majorité, Nabil Benabdallah, secrétaire du PPS a pris à charge l’opposition. Ben Abdellah a relevé dimanche que «l’opposition est une partie du problème à Al Hoceima» pointant du doigt le double discours Ilyas Omari, président de la région d’Al Hoceima et secrétaire général du PAM.

 

 

De leur côté, les responsables du PAM ont fait la sourde oreille à ces accusations. Khalid Adnoun, porte-parole du parti, a relevé que les militants ont pris librement part à la marche de dimanche, aussi bien des membres du bureau politique que des membres des instances parallèles du parti, notamment les jeunes.

D’ailleurs, réitérant la position du PAM, les jeunes ont appelé dans un communiqué, à la libération des détenus et à interagir positivement avec les revendications des manifestants.

Figure emblématique de la gauche radicale marocaine, Nabila Mounib n’a pas manqué de tirer à boulets rouges: «notre parti n’a eu cesse de convaincre les Marocains pour prendre part à cette marche légitime. Et ce, après plusieurs campagnes de désinformation et de propagande menées par ces mafias qui consacrent l’oppression et la corruption»

 

Appel au calme
Au niveau du PJD, Nabil Chikhi, chef du groupe parlementaire à la Chambre des conseillers a souligné que «la marche de dimanche est un cri pacifique pour plus de démocratie et de paix sociale».

«La solution à la problématique d’Al Hoceima réside dans une initiative courageuse qui consacre la sérénité pour corriger la situation, grâce à un véritable engagement loin de toute logique d’instrumentalisation et de récupération», a-t-il déclaré.

Du côté de l’USFP, parti de gauche, Abdelhamid Jmahri, membre du bureau politique a souligné à H24Info: «Cette marche est un appel à l’unité. Elle s’inscrit dans la diversification des moyens pour trouver une solution consensuelle, réduire la tension et appeler au calme».

Selon lui, «cette marche ajoute un nouveau palier au Hirak. Des revendications socio-économiques, on est passé à un appel à libérer les détenus du Hirak. Cet appel limité aux familles et avocats, s’est finalement élargie, via cette marche, à diverses composantes de l’opinion publique».