Anfass propose un nouveau souffle pour la réforme éducative

à 8:30

Le mouvement Anfass vient de rendre public un rapport sur la situation de l’éducation au Maroc. Le document  qui est intitulé «Ecole marocaine: Quel système éducatif pour quel projet de société?» dresse aussi bien un bref historique sur l’école marocaine, un diagnostic, des recommandations ainsi que des actions à mener afin de rétablir la confiance dans le système éducatif marocain.

Le mouvement s’insurge contre le dernier débat sur la langue de l’enseignement. «Le fond du sujet est loin d’être mis sur la table, et par ailleurs, les responsabilités d’un tel état catastrophique plaçant le Maroc "cancre" de la région ne sont pas élucidées», peut-on lire dans le rapport. À défaut d’être un vecteur important de la «transmission des valeurs du projet sociétal national», l’école marocaine «fait perdurer les inégalités sociales et ne garantit nullement l’égalité des chances», souligne-t-on également.
 
Parmi les points positifs, on note le taux de scolarisation au primaire, établi à 94% en 2007 et le recul de l’analphabétisme de 43% à 28%. Parmi les «constats alarmants», le coût de l’éducation firgure en bonne place. Le document souligne que «le Maroc dépense énormément en éducation». Ainsi, en 2005, 23% du PIB par habitant a été alloué à l’éducation contre 13% en moyenne pour les pays arabes, 12% pour la Turquie et 18% en Finlande et en Corée du Sud. Le texte pointe aussi le faible taux de scolarisation dans l’enseignement supérieur qui est de 11% au Maroc, contre 48% au Liban. Un dernier constat et non des moindres: sur 100 élèves qui accèdent au primaire, seuls 13 décrochent leur baccalauréat.
 
L’association adresse ses recommandations sur 4 axes. En plus des «valeurs de la citoyenneté, de civisme et de tolérance» que l'école marocaine se doit de transmettre, le document souligne également la nécessaire «maîtrise des langues officielles, dialectes régionaux et langues étrangères vivantes» que l’école doit assurer. Le métier d’enseignant doit d’abord être «moralement» revalorisé, ensuite «financièrement».
 
Parmi la batterie des recommandations, le texte aborde aussi la problématique de l’égalité des chances. En infrastructures, l’association plaide pour une carte élève/étudiant d’accès à la restauration et aux transports à tarifs réduits. En termes de langues, le texte souligne qu’un effort doit être fait pour «réduire le gap entre les niveaux de maîtrise des langues étrangères».
 
Le rapport conclut sur les actions à mener dans l’urgence afin de «rétablir la confiance dans le système éducatif». Il cite la transformation de l’engagement des autorités dans le domaine en «actions concrètes à décliner par département ministériel et par région». Autre impératif, l'implication de la société civile et des syndicats au sein du conseil supérieur de l’enseignement. Ce dernier aura pour mission de «cadrer les objectifs et leur suivi, imposer un système de bourse dans les établissement privés pour les étudiants où élèves méritants».
 
Le rapport complet: «Ecole marocaine : Quel système éducatif pour quel projet de société ?».