Al Hoceima. Le photographe du magazine Telquel «tabassé» par des émeutiers

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Le photographe du magazine Telquel, Yassine Toumi, a été frappé par un groupe d’émeutiers, ce jeudi à Al Hoceima. D’autres journalistes ont également été pris pour cible.

«Il était 18h30. Je me dirigeais vers le quartier Afazar où des affrontements violents avaient lieu entre manifestants et forces de l’ordre, quand j’ai été pris à partie par un groupe de jeunes», nous confie Yassine Toumi, photoreporter pour l’hebdomadaire Telquel. Ce dernier a été frappé et insulté par un groupe de jeunes émeutiers, ce jeudi en début de soirée dans le quartier d’Afazar, un quartier réputé chaud d’Al Hoceima.

«Je me dirigeais du côté des manifestants. La route était parsemée de pierres. Je prenais des photos quand soudain un groupe de jeunes est venu m’apostropher : tu es du makhzen, tu es un ‘ayach’. Ils ont commencé à me frapper, à me balancer des coups de poing, un d’entre eux m’a même mordu la main», raconte le jeune photographe qui affirme avoir été encerclé par une quinzaine de jeunes. Ces derniers lui ont alors enlevé son appareil photo et tout son matériel. «J’ai alors poursuivi celui qui m’avait volé mes outils de travail. J’ai dû courir au moins 1 kilomètre, sans avoir pu récupérer mon appareil», relate Yassine Toumi.

Un homme qui a assisté à la scène a ensuite invité le photoreporter à rentrer chez lui. «Il m’a donné un verre d’eau, m’a prié de m’asseoir, et m’a ensuite assuré qu’il allait retrouver mon matériel. Et effectivement, 15 minutes plus tard j’ai reçu mon appareil photo, mon flash et mon boitier», raconte Yassine Toumi qui se souvient qu’à sa sortie de chez l’homme qui l’a aidé à récupérer son matériel, le quartier ressemblait «à une scène d’un film de guerre». «La nuit commençait à tomber. Il y avait de la fumée partout. Un triporteur était en flamme. C’était impressionnant», se souvient Yassine Toumi.

Yassine Toumi n’est pas le seul à avoir été pris à parti par certains manifestants. Une équipe de la chaîne 2M a été également prise à partie. Idem pour un caméraman du site d’information Panorapost.com ainsi qu’un photographe de l’agence Anadol. Le journaliste indépendant Louis Witter ainsi qu’un journaliste d’Akhbar Al Yaoum ont quant à eux reçu des coups de la part des forces de l’ordre, nous affirment des sources concordantes.