Phénomène. Ces faux guides chinois qui nuisent au tourisme marocain

à 15:00
Ces faux guides chinois commercialisent en toute illégalité les concombres de mer marocains, une espèce protégée par la loi. DR

Alors que le Maroc autorise seulement ses compatriotes à exercer le métier de guide touristique en son royaume, plusieurs agences chinoises n'ont que faire de cette loi et pratiquent un tourisme au noir, peu scrupuleux de l'environnement. 

C'est le phénomène révélé par le site LesEcos.ma dans un article daté du 29 juillet dernier et qui met en lumière la recrudescence de faux guides débarquant fraîchement de Chine. "Chaque jour, des Chinois arrivent au Maroc avec un visa touristique, prennent deux mois de cours de français pour ensuite commencer à exercer. Et ce n’est même plus un secret, sur le web chinois, les agences proposent ouvertement leurs catalogues de prestations", explique nos confrères.

Ce phénomène met à mal les guides marocains "de plus en plus nombreux à maîtriser parfaitement la langue chinoise, étudiée dans les universités chinoises ou dans les instituts chinois au Maroc". Certains évoluent au Maroc sans papiers, tandis que d'autres prennent soin de sortir du territoire tous les trois mois (en Tunisie) pour actualiser leur visa touristique. Ceux qui en ont les moyens s'en sortent avec la domiciliation d'une création de société, tandis que d'autres envisagent même de se marier avec des Marocains pour régulariser leur situation, détaille le média en ligne.

Le tourisme marocain pâtit sévèrement de ce contre-tourisme chinois qui ne laisse aucun bénéfice au marché marocain. En effet, selon les sources de l'enquête réalisée par LesEcos.ma, ces agences chinoises louent ou achètent les logements mis à disposition de leurs clients, les restaurants sont payés en avance de Chine et ces Chinois ne possèdent en général pas de permis de conduire.
Autre problème: ces faux guides chinois véhiculent de fausses informations sur le Maroc (niant une partie du Sahara marocain par exemple) et dénigrent le pays. Entre "Au Maroc, il n y a pas de respect des droits de l’Homme" ou encore "les Marocains ne se lavent qu’une seule fois par semaine", voici le genre d'allégations que prêtent ces pseudo-guides à la culture et la société marocaine.

Trafic chinois de concombres de mer marocains

En plus d'exercer illégalement une profession dont ils ne maîtrisent même pas les rudiments, ces guides clandestins nuisent à la biodiversité marocaine en pêchant et commercialisant les holothuries, aussi appelées concombres de mer, des activités pourtant interdites. En raison de qualités aphrodisiaques, l'espèce est convoitée par les clients chinois qui le nomment "viagra marocain", et subit également de la contrebande, à des tarifs pouvant atteindre les 10.000 DHS le kilo, précise l'article, qui souligne l'absence de vigilance de certaines autorités qui semblent méconnaître le statut protégé de l'espèce.
Les acteurs marocain du secteur appellent le ministère du tourisme à contrôler davantage ce phénomène afin de faire respecter la loi. "Il faudrait que le ministère de l’Intérieur ‘blackliste’ ces faux guides chinois. Leur identification est facile pourtant, grâce aux documents déposés auprès des hôtels et des agences à capitaux chinois", propose un professionnel, contacté par LesEcos.ma. Un autre professionnel sollicite pour sa part l'intervention du ministère des Finances et le Fisc afin de pénaliser ces agences qui paient leurs employés en Chine pour des services accomplis sur le territoire marocain, en se basant sur les listes déposés auprès des agences et hôtels.
Le site économique mentionne que l'Egypte et la Turquie ont su neutraliser efficacement le problème des guides illégaux chinois, tout simplement "en les refoulant". Ces derniers se rabattent donc vers le Maroc, "plus accueillant", pour développer leur business frauduleux. Contactées par LesEcos.ma, les autorités marocaines compétentes sont restées injoignables.