PAM: deux proches d’El Omari pressentis pour le remplacer

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Après avoir déposé sa démission en août dernier, Ilyass El Omari est sur le point de quitter la présidence du PAM. Plusieurs noms se préparent déjà à le remplacer mais le chef du parti souhaite céder la formation à un membre de son clan.
C’était l’évènement politique de l’été dernier. Ilyass El Omari, le secrétaire général du PAM, a annoncé sa démission en août dernier car il était concerné, selon lui, par le discours royal critiquant les partis politiques. Une démission reportée à maintes reprises pour diverses raisons. «Ilyass El Omari aurait aimé que le parti et ses membres le retiennent, comme ce qui s’est produit avec Nabil Benabdellah mais aucun ne l’a retenu», nous déclare un proche d’El Omari. Une réaction qui aurait déçu le chef de file du tracteur.
Après plusieurs conseils nationaux, trois plus exactement, le président de la région Tanger-Tétouane-Al Hoceima n’a trouvé aucun échappatoire et a activé le processus de son départ en demandant à la présidente du conseil national du PAM, Fatima Zahra El Mansouri, de réunir le parlement du parti pour approuver sa démission et choisir un successeur à «Ilyass».
Trois scénarios
Les pamistes sont appelés à se prononcer au sujet de la succession d’El Omari lors d’une session extraordinaire du parti, qui se tiendra ce samedi 26 mai à 20h30 à Salé. Depuis plus de deux semaines, les ténors de la formation politique ont tenu des discussions en interne en vue de rassembler le maximum de voix pour se garantir le Secrétariat général car c’est au conseil national de trancher.
«Le conseil national est devant trois scénario possible. Le premier est de refuser la démission d’El Omari et le maintenir à la tête du parti», pense un membre du bureau politique même si pour lui, cette option est peu envisageable. Si le parlement du PAM valide le départ d’El Omari, il sera confronté à deux choix. «Les membres du conseil national choisiront entre voter pour un nouveau secrétaire général ou convoquer un congrès national du parti dans les plus brefs délais», ajoute notre source.
L’éventualité de choisir un comité provisoire chargé de gérer les affaires courantes du parti, composé des anciens secrétaires généraux du PAM, a été exclue. Selon nos sources, les membres du secrétariat du conseil national ont jugé qu’il fallait sortir le parti de son attentisme et cela ne pourra se faire qu’en élisant un nouveau SG ou d’organiser un congrès.
Deux candidats –proches- d’El Omari
Dans les couloirs du parti, plusieurs noms se sont montrés intéressés par le poste de secrétaire général mais à l’ordre du jour seulement deux apparaissent comme des SG potentiels. La presse parlait de Fatima Zahra Mansouri, Abdellatif Ouahbi, Hakim Benchammach et Houssam Abou Al Ghali mais finalement la course à la chefferie se jouera entre Abou Al Ghali et le président de la chambre des conseillers.
«Fatima Zahra Mansouri et Abdellatif Ouahbi ont annoncé leur soutien Benchemass donc ils ne seront pas candidats», nous révèle un membre du bureau politique du parti. Pour motiver leur choix, les deux ténors du parti (Mansouri et Ouahbi) pensent que la candidature d’Abou Al Ghali est téléguidée par l’actuel secrétaire général du PAM et estiment que Hakim Benchemass est plus amène à gérer le parti.
«La candidature de Benchemass voudrait incarner la rupture avec la ligne politique d’El Omari mais entre nous, j’ai du mal à digérer cela», développe le membre du BP. Pour lui, Benchemass est aussi un artisan de la période El Omari et n’incarne pas une alternative à celle-ci. «Le jour de la démission d’El Omari, Benchemass n’a pas hésité à le comparer à Che Guevara. Cela en dit long sur la complicité entre les deux hommes», poursuit-il. Selon lui, personne au sein de l’appareil n’est dupe et ce semblant de rupture entre les deux hommes n’est qu’une simple mise en scène.
Selon ses proches, Houssam Abou Al Ghali voudrait promouvoir dans sa candidature «le produit PAM». Le jeune cadre a commencé sa carrière politique au PAM et n’a fait partie d’aucune formation politique auparavant. «C’est un pur produit et est considéré au sein du parti comme l’ami de tout le monde», nous explique un de ses soutiens.
L’actuel député de la circonscription de Mediouna et membre du comité directeur du WAC symbolise la nouvelle génération propulsée par El Omari aux commandes du PAM.