Nourredine Ziani, de nouveau au cœur d’une affaire de détournements

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Noureddine Ziani. DR

Après avoir été expulsé d’Espagne en 2013 pour « avoir menacé la stabilité des institutions », Nourredine Ziani revient sur le devant de la scène médiatique pour une affaire de détournements d’argent de la caisse de l’Uccic (Union des centres culturels islamiques de Catalogne) dont il était le fondateur.

L’affaire a été révélée par le média espagnol El Mundo dans son édition du 11 juin dernier, et reprise la semaine dernière par Jeune Afrique. L’ancien enseignant devenu businessman après son installation en Espagne est accusé d’avoir détourné les subventions étatiques marocaines dédiées aux mosquées catalanes coordonnées par l’Uccic.

La justice espagnole éplucherait actuellement les comptes de l’association financée par le ministère marocain des Affaires islamiques à hauteur de 2 millions d’euros par an, rapporte le journal espagnol. Des centaines de milliers d’euros en cash auraient ainsi transité par les nombreux comptes bancaires personnels de Noureddine Ziani et de son épouse, relaye JA, ou via les comptes de l’agence de voyage de cette dernière.

 

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Atiqa Bouhouria, épouse Ziani, n’aurait pas su justifier certaines dépenses substantielles. Des dates inexistantes comme « 31 février » auraient également été évoquées par El Mundo pour plusieurs factures. « Que de fausses allégations! », rétorque Ziani auprès de JA, « Ils n’ont aucune preuve, sinon ils les auraient présentées devant la justice », précisant que le délai qui leur est accordé court jusqu’à septembre.

Selon Ziani, l’Uccic n’a reçu qu’une seule subvention du ministère des Affaires islamiques d’un montant de 300.000 euros pour une opération commune. A cela, le département d’Ahmed Taoufiq répond qu’ « il n’y a pas un seul centime dépensé par le ministère qui échappe aux procédures en vigueur » via une source autorisée consultée par JA.

 

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El Mundo suggère que les agences de voyage détenues par le couple sont en réalité des sociétés écrans visant à justifier la répartition des fonds détournés, rapporte JA. Egalement coactionnaires, les épouses de hauts responsables marocains Mohamed Belahrech, agent de la DGED (Direction générale des études et de la documentation marocaine) et Abdellah Boussouf, secrétaire général du Conseil de la communauté marocaine de l’étranger (CCME).

Ziani compte porter plainte pour diffamation cette semaine contre El Mundo pour « démentir toutes ces allégations par des preuves jointes à la plainte ». Boussouf prévoit lui aussi d’engager des poursuites contre le quotidien espagnol, ainsi que le Conseil qu’il représente.