Nabila Mounib réagit à la dissolution de Racines

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L’Association «Racines» a bel et bien été dissoute, mercredi dernier, à cause du tournage, dans ses locaux, de la web-émission «1 dîner 2 cons».

Le journal Akhbar Alyaoum cite dans son édition du lundi 31 décembre les motifs invoqués par la justice pour dissoudre l’association «Racines».  Le gouverneur de la préfecture d’Anfa (Casablanca) avait adressé une demande de dissolution de l’association au parquet, où il notait que les responsables de l’association ont organisé, le 5 août, une activité « dont les discussions portaient atteinte aux institutions et à la religion musulmane et étaient diffamatoires envers les institutions organisées et les fonctionnaires de l’Administration ». Selon le gouverneur, « les fonctionnaires de l’état y avaient été accusés de corruption, notamment dans le cadre des programmes de l’INDH ».

La demande du gouverneur notait d’autre part des agissements pouvant heurter les sentiments des spectateurs, comme par exemple « la consommation d’alcool par certains invités ». Le gouverneur a également joint à sa demande deux CD de l’émission.

Selon le journal, le parquet aurait repris ces réprimandes afin d’introduire une demande de dissolution au juge. Dans son argumentaire, le parquet mentionnait plusieurs phrases citées lors de l’émission, notamment celle d’un journaliste qui affirmait que «l’Etat marocain est un régime policier, basé sur l’asservissement et sur beaucoup de valeurs archaïques et contraires aux principes de la démocratie et des droits et libertés».

Ramid et Mounib réagissent

Dans sa parution du mercerdi 2 janvier, Akhbar Alyaoum a fait réagir le ministre d’Etat chargé des droits de l’Homme El Mustapha Ramid ainsi que la secrétaire générale du PSU Namila Mounib sur la décision de dissoudre Racines. « Je n’ai pas d’idées sur le détail du jugement. Je ne peux donc pas commenter », a déclaré Ramid, avant d’ajouter « En principe, on ne peut pas reprocher aux autorités de recourir à la justice pour demander la dissolution d’une association, si elle a de quoi justifier sa demande… Et c’est à la justice de trancher alors dans l’affaire ».

Nabila Mounib a quant à elle considéré la dissolution de Racines comme une « régression en matière de liberté d’expression ». « Un pays ne peut avancer sans liberté, et l’on droit préserver la liberté des médias parce qu’elle constitue l’opinion général et l’illumine. Je vois les organisateurs de l’émission comme des jeunes qui persévèrent mais ils ont été opprimés. Il faut protester contre cette décision et expliquer à ceux qui en sont responsables qu’ils ont tort ».